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mercredi 25 mars 2009

Le mot COSAQUE

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 25 mars 2009



Le nom de cosaque est de par le monde connu, et reconnu comme étant celui d'un groupe de guerrier milicien au service de l'Empire russe tsariste...Pourtant, peu de gens connaissent l'essence même du mot et ses origines(1)...

La première mention officielle écrite du terme de "cosaque" (dit "kazak" en russe, du cyrillique казак ) se trouve aux alentours du 12ième et 13ième siècle. Il apparait dans la première version d'un dictionnaire établi par les religieux chrétiens (dictionnaire de la langue des Polovtsis) de 1303, ainsi que dans le « Codex Cumanicus ». Il signifie alors « garde », « sentinelle ». 

Au 16eme siècle, en Pologne et Ukraine (l'Ukraine, berceau des premières communautés cosaques descendantes du métissage varègues et tatars), il est dit que le terme cosaque provient du mot  "Kosa" signifiant chèvre. Vivant dans la zone des cataractes (des grandes cascades) en Zaporojie, il était dit que les cosaques sautaient de rochers en rochers tels des cabris avec grâce et équilibre. De là serait né le mot Cosaque...

Dans le dictionnaire de la langue turque de l'érudit russe Radlow, le mot « cosaque » prend le sens d' « homme libre, indépendant, nomade ». Le terme de qazaq en turque signifierait "fuyard"  car il désigne un fugitif, un homme qui a rompu avec son groupe d'origine. Toujours en langue turque, en dialecte Kazakh, le terme qazaq désignerait, une veste légère de cavalier. Ce mot a donné en français "casaque".

En mongol, et ce dès le 13ième siècle sous Gengis Khan, le terme de cosaque (dit Kazakh) désignent des fuyards de l'empire gengis khanides, " des guerriers à chevals" se regroupant au Nord de l'actuel Kazakhstan et du Sud de la Russie.

En tatar (qui n'est autre qu'un dialecte turc), le terme de Kazak(2) signifie "guerrier léger" (peut être au sens de libre, ou de "sans armure"). Militairement parlant, le Kazak en tatar désigne un cavalier éclairseur. Les tatars seront d'ailleurs (pour ceux non éradiqués par Gengis Khan...) employés comme éclaireurs de son armée, tant ils excellaient dans ce domaine. C'est un très qu'on retrouva bien plus tard dans la cavalerie cosaque...

La conjugaison de l'ensemble de ces définitions est intéressante : le cosaque est alors un homme ayant fui (à cheval) le joug des empires, pour vivre librement en nomade. Une idée intéressante quand on sait que les premières communautés cosaques se sont construire dans les champs sauvages, terres délaissées par les grands empires, où les hommes pouvaient vivre librement...
 
COSAQUE : HOMME LIBRE

 

Notes :

(1) : De nos jours, tous les spécialistes ne sont pas d'accord sur l'origine même du peuple cosaque, et du terme même de cosaque. Il existe à ma connaissance plus de 10 définitions différentes...

(2) Bien que souvent confondu en raison de la consonance identique qu'ont les cosaques en russe (dit kazak) et le peuple nomade des Kazakh du Kazakhstan, ce ne sont (en théorie) pas les mêmes peuples. Pourtant, bien des éléments confondent les deux du terme kharakternik qui trouve une traduction aussi bien en Kazakh qu'en russe ou Ukrainien, au terme Kazak (cosaque) lui même trouvant de multiples mais proches traductions dans les différents dialectes turco-mongols. Pensons également à l'art de l'équitation guerrier, qui a été véhiculé par les hordes nomades de l'extrême Est à l'Ouest jusque dans le Caucase...certainement d'ailleurs par des fuyards souhaitant vivre librement ailleurs!

lundi 1 décembre 2008

Le Rog, ou la corne à boire chez les cosaques

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 01 décembre 2008

Le rogue est un récipient fait d'une corne dans lequel on boit et qui est largement répandue à travers le monde dans différentes cultures. 

Le Rogue (Рог : "rog" en russe)

Quand on étudie l'origine des cosaques, une peuplade revient souvent en considération : les Varègues, peuplades de Scandinavie (c'est à dire aux "vikings" en provenance des royaumes scandinaves dont certaines peuplades comme les "Rus"seront les fondateurs des premiers villes qui deviendront les bases de la future  Russie). A ce titre, de nombreux éléments culturels varègues mêmes font à présent partie de la culture cosaque, le Rog (ou rogue en français) en est un parfait exemple!

Cependant, l'origine de cette corne à boire dans la culture cosaque est assez contestée par les spécialistes : certains l'attribuent aux varègues comme expliqué ci dessus, tandis que d'autres l'attribuent aux scythes, peuplades nomades des steppes. En effet, ces deux civilisations faisaient usage des cornes à boire dans leur culture et les deux ont profondément marquées les régions qui virent naitre bien plus tard la culture cosaque...

Le rogue cosaque (Pièce de ma collection personnelle datant de 1974)

Pour les cosaques, cette corne à boire était traditionnellement utilisée pour les grandes occasions comme les fêtes, les mariages, les cérémonies religieuses ou autres. Cette coutume commença à se perdre lorsque la religion orthodoxe devient omniprésente chez les cosaques car l'église considérait cette coutume et l'usage de la corne à boire comme des restes de la culture païenne et était inappropriée à des "chevaliers orthodoxes". Plus tard, les 75 années de bolchévisme interdisant ne nombreuses pratiques dans des cultures diverses, la perte de l'usage traditionnel du rogue pour boire. De nos jours, l'usage du rogue est donc devenu rare mais pas complètement oubliés par les plus traditionalistes et fidèles à la culture cosaque d'entre nous!

Le rogue était "taillé" dans une belle corne assez grosse et profonde (environ 30 à 50cl en moyenne) sur lequel est ajusté des pièces en métal finement ciselées et sertie dans la corne elle même. Tout type de corne étaient utilisées dont principalement celles des bovidés, bœufs ou buffles.

Vue de la "bouche" du rogue

Sur la corne, on retrouve le plus souvent des ciselures de feuilles de métal (le métal utilisé varie, mais la plus part du temps il s'agit d'un alliage de cuivre et de zinc, le laiton, voir d'argent). Les motifs les plus fréquents dans la culture cosaque sont des ornements floraux, des représentations de gibiers d'eau (cygne, canard, oie...) ou d'oiseaux coureurs (faisans...), éléments omniprésents dans les zones d'habitation des groupements cosaques d'antan, c'est à dire autour des grands fleuves et des zones marécageuses dénommés autrefois "champs sauvages".

Le rogue est composé en général de 3 parties (+ 1 plus rare):

-le fût de la corne
-la pointe de corne qui est généralement recouverte d'un ouvrage en métal ciselé et sertie
-La partie de bouche qui est également recouverte d'une ciselure.

-parfois une chainette qui est plus rare par contre et qui permettait de l'attacher au sac ou à la ceinture.

Ciselure traditionnelle cosaque représentant de la végétation.

Tête d'un faisan, gibier courant en terres cosaques...

Quelques mots au sujet de l'alcool en Cosaquerie

Avant même la large diffusion de la vodka (водка : "petite eau" / alcool traditionnel russe) au 18ième siècle, la boisson traditionnelle cosaque (et russe également) était l'hydromel, nommée "Medovoukha" (Медовуха en russe) et le Kvas (bière de pain de seigle) qui est d'ailleurs la véritable boisson nationale russe. 

Le Medovoukha est une boisson alcoolisée à base d'eau, de miel et de ferments (levures). Aujourd'hui encore, le Medovoukha fait partie des boissons traditionnelles de la gastronomie russe, bien que plus rare sur les tables car très largement remplacée par la vodka plus rapide à produire et moins difficile. Le terme russe de Medovoukha trouverait son origine du mot indo-européen (probablement scythe) "meddhe" qui veut dire miel. Les cosaques d'ailleurs, étaient des grands amateurs de miel (tradition venue des Bashkirs peuplant en nombre leurs rangs) et en produisait dès le 18ième siècle dans leurs fermettes dans la région du Don notamment!

Quant au Kvas, il s'agit d'une bière faite à partir de pain de seigle fermentée, peu alcoolisée et au goût subtile. Il était très répandue également avant la l'apparition de la vodka...

Notons également que les cosaques du Don produisaient du vin et possédaient un vignoble de renom.

Les cosaques, buveurs invétérés? 

Une idée reçue sur les cosaques est leur soif impondérée d'alcool En effet, les cosaques ont tous une réputation de gros buveurs. Pourtant, ce n'était pas le cas. Ce sont les cosaques zaporogues(bons vivants...) ainsi que les cosaques du Don (majoritairement issue de serfs russes) qui ont colporté cette image en Occident, notamment avec l'arrivée de l'armée russe sur Paris en 1814. L'alcool étant formellement interdit en service, les resquilleurs allaient dans les bars parisiennes en demandant vite fait bien fait un petit coup à boire, ce qui donnera naissance à l'expression "Bistro parisien", le terme de Bistro dérivant de "bristra"!", soit "vite!" en Russe..Les livres populaires de Tolstoï ou de Gogol contribuèrent également à donner aux cosaques cette réputation d'ivrogne...

En contre exemple, les cosaques de l'Oural sont réputés pour ne pas boire du tout (pour des raisons religieuses, venant des vieux croyants), et ceux d'Orenbourg pour limiter la consommation d'alcool à des produits ayant moins de 3% en volume pour "garder un état d'esprit vigilant"... Au sein de mon peuple, des Bashkirs cosaquisé, les seuls alcools qu'il y avait, étaient le Koumys (lait de jument fermenté, très peu alcoolisé) et une sorte d'hydromel, parfois mélangé au koumys. De par leur religion mahométane, les Bashkirs ne buvaient que très peu et uniquement des alcools peu forts.

lundi 31 décembre 2007

Les Ichmoukametoff, une famille de Bashkir chez les Cosaques



J'ai la chance d'être né au carrefour de plusieurs cultures. Que ce soit du côté paternel originaire de Hongrie (une famille de Magyars descendants Hunniques), ou du côté maternel originaire de Russie, tous venaient d'une culture différente. Mais celle qui m'a le plus marquée et imprégnée, qui me faisait rêver, c'était ma culture d'origine maternelle, celle des Cosaques et de mes ancêtres semi-nomades Bashkirs. 

La culture cosaque est une culture profonde au combien riche, vraiment proche de la nature (en partie dû à l'héritage des peuples nomades l'ayant composé, comme l'a fait ma famille bashkir), et aux multiples facettes, mais méconnue. J'ai donc eu à cœur ces quelques dix dernières années d'aller à la rencontre des Anciens de mon peuple, d'apprendre avec eux, et de rassembler ce savoir de vile savoir traditionnel tant en matière de vie sauvage qu'en art martial pour le préserver et le transmettre à nos nouvelles générations, en fervent représentant du peuple cosaque.  A présent, je suis officiellement, je suis la 7eme génération de cosaque dans la famille Ichmoukametoff...Voici notre histoire:

Ишмухаметов

Ishmukhametov

Ichmoukametoff

Autrefois, il y a plus de 350 ans, ma famille descendait des ISHMUKHAMET, une illustre famille Bashkir (des "Batyr et Morza", autrement dit des nobles "chevaliers" Bashkirs) et régnait sur une grande partie de la zone ouralienne à l'Ouest jusqu'au plaine du Kazakshan au Sud et à la porte de la sibérie à l'Est à partir d'un fief nommé également suyundyukovo, puis Ishmukhametovo situé dan L'Oural à la porte du Kazakhstan non loin d'Orenburg. Ils appartenait alors à la tribu des Bashkirs des steppes TUNGAUR du clan SUYUN, qui vouaient une partie de leur existence à l’élevage des troupeaux (Chevaux, chameaux, chèvres, moutons...) et à la protection d'un tronçon commerciale remontant de la route de la soie.

Une fois russifié (certainement au cours du 19eme siècle), le nom de ma famille devint Ishmukhametov, et leur ville prit le nom de Ishmukhametova (nouvelle ville fondée fin 19e siècle, à 50km de l'ancien village) durant la période soviétique. Cette ville actuellement en république de Bashkirie existe encore de nos jours.




Cavaliers Bashkirs (gravure du 19ieme siècle à titre d'illustration, n'ayant point d'image de cette époque...). Le premier bashkir a être devenu cosaque de ma famille se nommait Bulyak Ishmukhametov.  C'était l'arrière grand père de mon propre arrière grand Père Artem. Il était membre du régiment bashkir que ma famille gérait. Sur volonté politique, l'Empereur souhaitait supprimer l'autonomie de ces régiments indigènes et les regroupa dans les régiments cosaques de la région. Né dans la région de l'Oural Occidentale à Suyundukovo (village bashkir) et au commandement de son régiment de Bashkirs, il fut alors par Oukaz impérial du 08 aout 1812, nommé au rang d'Officier de l'Armée impériale de Russie et son régiment devint un régiment de Cosaques: http://www.gasrb.ru/barchd979.html En échange du rang d'officier chez les cosaques dans l'Armée, il cédait son rang de noblesse. Donner un rang d'officier au sein de l'armée impériale russe était une habile manière de la Russie impériale de se rattacher fidèlement les communautés nomades...Avant cela, les Bashkirs formaient depuis 200 ans des régiments spéciaux à part, que chaque noble du peuple avaient pour devoir de fournir à la couronne impériale.C'est ainsi que ma famille ont rejoins les rangs des Cosaques!


En ethnologie russe, il existait deux grands groupes ethniques de nomades: Les Tatars et les Kirghizs. Les russes mettaient dans ces "paniers" un peu tout ce qui montait à cheval et était turco-mongol... Dans les grands groupes des Tatars, se trouvaient les Bashkirs. Ci dessous, un PDF regroupant l'intégralité des familles "tatars" (sous entendu ce "grand panier") dont ma famille les Ishmukhametov (Ишмухаметов) page 258:http://www.cossackdom.com/book/nazarov_uralkazak.pdf
Il y avait des cosaques de la famille  Ishmukhametov partout en Russie, de l'Oural jusqu'en Yakoutie (le frère de mon arrière grand père y fut envoyé dans un corps de policier cosaque...)


Artem A. Ichmoukametoff dans les années 1905 en Russie, en tenue de ville. Mon arrière grand père en ces temps là servait comme officier au 2ième cosaque d'Orenburg. Artem est né le 1er septembre 1880 à Orenburg d'un Père officier cosaque, 4eme cosaque de la famille. Il est décédé en 1946 en Normandie en France. Dans ma famille, les gens ont au moins 3 prénoms : le Tatar/bashkir (langue très proche), le russe, et le francisé! Ainsi, mon arrière grand père s'appelait Arkhtiam en tatar/bashkir, Artem en Russe, et Arthème en français... 

 [X]
Groupe des officiers du 2eme régiment de Cosaques d'Orembourg. Mon arrière grand père se trouve à gauche.  



Sauf-conduit de mon arrière grand père Artem, venu en France après la guerre civile, en 1923. Il avait alors 43 ans... Notez l'orthographe pittoresque du prénom et du nom de famille! Ишмухаметов est devenu Ichmoukametoff...mais sur le sauf-conduit, ils ont écrit "ichinoukametoff"! Devant fuir la Russie en 1921 car recherché, il est arrivé à Bizerte en Tunisie comme simple matelot sur le torpilleur SVONKY. Il y restera quelques temps pour travailler au domaine de Toutainville afin d'acheter son billet pour la France.

A son arrivée en France,à Marseille, il obtient un sauf-conduit. Il vit quelques mois sur Nice parmi la communauté russe. Puis il part en Normandie où il est entré à la Société de métallurgie de Normandie le 22.5.23 pour en sortir le 30.4.31. Dans cette période il a travaillé 1 an et demi à partir de 1930 au Haras de Merville (14) comme palefrenier. Ce haras appartenait au baron Vladimir de Koeppen qui avait 12 employés russes en 1926. Le haras n'avait plus que 6 employés en 1931, en 1936 il avait disparu. Artem monta avec l'aide d'un français une fromagerie à Audrieu. Il perdit sa fromagerie saisi par les allemands en 1941. Il fit alors de l'élevage de porcs. Parallèlement, il travaillait à l'école des cadets russes à Versailles comme consultant militaire.



Rassemblement de famille entre cosaques. Mon arrière grand père Artem à Gauche. La dame à droite était Madame Sansonoff (Femme de cosaque du Don) et marraine de ma grand mère dans les années 1930. 


Mon arrière grand père Artem et mon arrière grand mère Isidora. Cette dernière est née en Pologne, descendante d'une famille de cosaques d'Ukraine. Mon arrière grand père l'aura rencontré lors de la "tournante" de son régiment en Pologne. Dans ses bras, Mikhaïl (Michel), le premier né de ma famille sur le territoire français.


Plus de photos et d'histoire par ICI

En d'autres termes, je suis un bashkir issue de l'école cosaque! 

Une pensée à mes Anciens, 

cosaquement, John C

 

samedi 1 septembre 2007

"Ce qui n'est pas donné, est perdu." P.P

 Bonjour à toutes et à tous!  EDIT Décembre 2013

Voici désormais l'adresse de ce nouveau blog, que je consacrerai entièrement à la culture traditionnelle et ancestrale des peuples nomades Ouraliens, Sibérien ou bien encore d'Asie centrale, notamment des Bashkirs et des Cosaques. Ce blog se veut être dans la continuité de l'ancien* et le remplacer (http://kharakternik.monwebjournal.com/)...

Au plaisir sincère de partager et de vous faire découvrir ou redécouvrir sous un nouveau jour des cultures méconnues, celle de mes origines...



Cosaquement, Jonathan Czödör Ichmoukametoff 
                                 (Dit "chez nous", Ivan Ichmoukametoff)



*qui a souffert (une fois de plus) d'actes malintentionnés, probablement de la part de gens médisants et "conccurents", le monde de la "survie" étant u panier de crabes comme celui des arts martiaux en passant... Je remettrai par ici les quelques 44 articles qu'il y avait autrefois sur l'ancien blog.