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lundi 28 novembre 2016

De l'islam dans la Cosaquerie

De l'islam dans la Cosaquerie

Beaucoup de gens connaissent les cosaques comme des fervents défenseurs de la Foi, chrétienne orthodoxe qui plus est, mais rare sont ceux qui savent qu'il y a (eu) des cosaques d'autres confessions, musulmans notamment.

Ecrire sur le sujet risque à coup sûr de m'attirer des foudres, tellement le sujet est actuellement sensible, l'Islam n'ayant pas bonne presse avec l'actualité mais qui plus est chez les Cosaques, avec une grande partie qui ne connaissent pas notre histoire, et une autre qui est dans le dénie le plus profond...

Pourtant, pour l'intéressé au sujet, nous pouvons trouver de nombreuses références, à commencer par cet article du dictionnaire Collins (USA) au sujet des cosaques :

Un fait intéressant, c'est que 80% des noms des premiers cosaques étaient de consonance arabo-turque (pensons notamment à mon propre nom de famille, Ishmukhamet qui signifie "Au nom de Mahomet). Certains spécialistes russes allèrent jusqu'à prétendre que les premiers cosaques étaient musulmans ! Ceci étant, hormis des allégations et croyances populaires, nous n'en avons aucunes traces archéologiques et historiques concrètes...

QUELQUES SOURCES PAR CI PAR LA 

https://www.rferl.org/a/1066820.html

Un article d'il y a 12 ans maintenant, mais intéressant à beaucoup de points de vue, de la relation de l'Orthodoxie avec le pouvoir russe et par là même l'armée, et la voix des autres "minorités".

Pour les russophones : Un sujet autour des cosaques musulmans et autres confessions http://russian7.ru/.../kazaki-musulmane-kak-takoe-vozmozhno/

Un autre article à ce sujet (sur les cosaques musulmans) :
http://windowoneurasia2.blogspot.fr/2015/10/not-all-of-russias-cossacks-are.html

Notons cependant qu'à partir du 18e, les musulmans dans les voïskos cosaques étaient très largement minoritaire, comme les bouddhistes d'ailleurs !

"En 1840, il fut autorisé à l'aristocratie musulmane de servir au sein des Cosaques et à occuper des postes de commandement. Le politicien Sergey Markedonov ajouta : "Il serait faux d'imaginer que l'entrée au sein de la Cosaquerie les a été invariablement accompagnée par le rejet de l'Islam, qui est la Foi des ancêtres".

"D'après une étude menée en 1862 (note du traducteur : à priori, un recensement demandé par le gouvernement impérial) parmi les Cosaques de l'Oural a donné les chiffres suivants : Russes, y compris Biélorusses et Ukrainiens 70 331 (85,8%), Bachkir - 6 095 (7,4%), Tatar - 4 168 ( 5,1%), Kalmyks - 1,184 (1,4%), et enfin, une petite minorité faite principalement deTurcs, - 220 (0,3%). Ainsi, le total approximatif de musulmans dans l'armée de l'Oural était au milieu du 19e siècle de 12,8%. (note du traducteur : soit un tout petit peu plus d' 1/10)

SOURCE : Источник: Казаки-мусульмане: как такое возможно
© Русская Семерка russian7.ru (traduction réalisée par mes soins).


DU BASHKIR AU COSAQUE EN PASSANT PAR LE BASHKIR-COSAQUE

Fin 18e siècle, l'armée impériale russe envahie ce qui est actuellement la Bachkirie pour s'emparer des ressources, notamment en minerais. Les bashkirs menèrent une résistance acharnée, mais la masse et l'évolution technologique (arme à feu..) permirent aux impériaux de prendre le dessus.

Début 19e siècle, l'Impérialiste russe tente d'absorber ce vivier de combattant dans sa cavalerie, ce que les nobles refusèrent.Ils se rendirent alors à St Petersburg rencontrer l'Empereur pour lui proposer un pacte : les bashkirs restent libres mais fournissent une armée à la demande, contingent qui restera dirigé par ses nobles. Ainsi naquit le 1er régiment irrégulier de bashkirs ! 

1812, Napoléon lance sa campagne de Russie. Les Cosaques, mais aussi les Tatars et les Bashkirs arrivent à la rescousse pour sauver la "Sainte Russie"! Résultat, Napoléon est défait et rentre en France poursuit par l'armée impériale russe qui occupera en 1814 et 1815 une partie de Paris...

A partir de 1812, les régiments de bashkirs basculèrent progressivement par Oukaz (décrets impériaux) en régiment de bashkir- cosaques pour finir distillé dans les régiments cosaques, d'Orenburg notamment.

Ca n'est pas sans rappeler le parcours de ma propre famille, où Bulya Ishmukametov (arrière grand père de mon propre arrière grand père Artem), passant du rend de noble bashkir à officier cosaque ! 1ere génération dans la Cosaquerie...

De nos jours, il ne resterait d'après les recensements effectués que 110 à 150 descendants de bashkir-cosaques, dont l'association la plus importante se trouve à Perm avec un Ataman élu... Et les traditions se perpétuent !

1er régiment de bashkirs - cosaques en 1815 (Autrefois, 1er régiment irrégulier de bashkirs)

Du cosaque au bashkir,en passant par le tatar et le kalmouk


Un bashkir cosaque tel qu'il était au milieu du 19e siècle. On perçoit un début d'uniformisation impériale, avec encore quelques équipements typiquement bashkir comme la coiffe, le sabre...



samedi 1 octobre 2011

Le chameau de Bactriane, et les cosaques

 ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 01 octobre 2011

Animal emblématique des milieux semi-arides steppiques, le chameau de Bactriane et ses cousins ont toujours fait partie du paysage et du mode de vie de nombreuses peuplades nomades et semi nomades, y compris des cosaques, et plus particulièrement de ceux vivant dans la région de l'Oural à la porte des grandes steppes Kazakhs.  C'est en particulier l'un des animaux que je préfère avec le faucon et le cheval (bashkir oblige me direz vous...)

A l'image du renne dans le Grand Nord, le chameau est un animal à tout faire pour le nomade, de l'animal de travail à l'apport de moyens de subsistances essentielles dans un milieu rude comme l'est la steppe. En cosaquerie, sa domestication est de toute évidence dû à la forte composante ancienne de bashkirs et autres nomades (Kalmouk)  au cour de l’ethnogenèse des peuples cosaques...


Des cosaques d'Orenbourg (la ville d'origine mon arrière grand père) au travail avec des chameaux de Bactriane fin 19ième siècle. Peu connu de la masse populaire, il faut savoir que les cosaques de l'Oural et d'Orenbourg qui comptaient une grande majorité de nomades Bashkirs, tatars ou bien encore Kalmouks dans leurs rangs, faisaient grand usage de l'animal. L'animal servait notamment aux musiciens lors des sorties régimentaires pour communiquer les ordres.
 

Idéal pour la survie en milieu rude, Le chameau permet de produire:

-du lait, l'un des plus riches en vitamines qu'il soit du règne animal et très digeste pour l'humain qui plus est,
-de la laine, l'une des plus chaudes qu'il soit. On la tisse ou la file, pour faire des cordes, des tapis, des vêtements, des semelles de feutre, du feutre pour la yourte(...)
-du cuir, le cuir du chameau étant un cuir épais et résistant,
-de la viande pour nourrir la famille,
-des os pour faire des outils et objets artistiques divers,
-de la graisse (contenue dans la bosse) qui pouvait nourrir une famille tout un hiver
-de sa bouse, on fait l'argal dit aussi kiziak chez les bashkirs-cosaques (bûche de bouse séchée pour le poêle)
(...)

 Ma personne avec un  Bactriane. Au garrot, près d'1M80 : Un petit mâle. Notez la grosseur de la tête et les spécificités : narines fermantes, grands cils aux yeux, des caractéristiques faite pour survivre aux tempêtes de sable...Grosses lèvres durs, pour pouvoir manger de tout y compris les arbustes épineux...

 Ma personne remettant le licol. J'aime beaucoup le chameau de Bactriane : un animal robuste, humble, endurant...Ma famille, des Bashkirs (servant dans les Cosaques) en possédaient plusieurs dans leur cheptel. J'ai pu apprendre à les dresser et les monter avec mon grand-oncle Myrt,reparti vivre au pays en 1998 et qui finit sa vie au Kazakhstan en 2008...

Les soviétiques faisaient grand cas du chameau de Bactriane et avaient montés des patrouilles avec cet animal. Ils lui firent passer également une grande série de tests, impressionnés par ses capacités d'adaptation et de résistance. C'est ainsi qu'on a appris que le chameau de Bactriane pouvait survivre à des températures de -50° à plus de 4000m d'altitude et rester 3 semaines sans manger malgré des températures très basses.

Plus court sur pattes que le dromadaire, et plus trapu que le dromadaire africain, sa physionomie a fait qu'il supporte à la fois les fortes chaleurs et les grands froids, dont les grands écarts d'amplitudes thermiques typiques de la steppe et des déserts des plateaux d'Asie Centrale, tout en restant très longuement sans manger (d'où d'ailleurs ses deux bosses fournissant la graisse nécessaire pour l'alimenter à la fois en lipide essentiel pour lutter contre le froid, et produisant également grâce à un mécanisme complexe, de l'eau!!!).

Par ailleurs, le Bactriane et ses nombreux cousins à deux bosses peuplant toute l'Asie Centrale ont également développé des lèvres épaisses leur permettant de se nourrir des rares plantes de la steppe, très souvent très rigides ou pourvu d'épines pour se protéger des "prédateurs".

Le chameau prévient la tempête : lorsque va arriver une tempête de sable ou de neige, le chameau de Bactriane est un bon indicateur car il la sent longtemps à l'avance. Le troupeau se regroupe alors dans le coin à priori le mieux protégé (selon eux...) et se couchent alors en attendant que ça passe. Une bonne demi-heure, voir une heure plus tard, la tempête arrive à coup sûre!




Pourquoi le chameau est il toujours mélancolique? L'histoire du chameau et du Cerf

Un petit conte nomade raconte pourquoi le chameau regarde toujours l'horizon d'un air mélancolique. Il est dit que le jour de la création, le Créateur dans le Ciel avait doté le chameau de bois sur sa tête. Plaisant ainsi aux Dames chamelles, le chameau avait alors beaucoup de compagnes. Le cerf étant tout seul, demanda un jour au chameau s'il pouvait lui prêter ses bois pour lui aussi trouver une compagne. Le chameau, altruiste et plein de compassion envers le cerf, lui prêta volontiers ses bois en lui demandant de lui ramener plus tard. Le cerf partit alors au loin avec ses bois, bien fier. Le chameau le regardait. Plusieurs jours passèrent. Plus de nouvelles du cerf. Ce dernier avait décidé de garder les bois pour lui! Depuis, le chameau scrute toujours l'horizon à la recherche du cerf en espérant mélancoliquement le voir revenir un jour...

samedi 17 septembre 2011

Les "3 trésors" ou les 3 types d'arbres à connaitre en forêt boréale pour survivre

 ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 17 septembre 2011
 
Les "3 trésors", ou les 3 types d'arbres à connaitre en forêt

On dit chez moi dans la tradition bashkir qu'il y a 3 arbres (ou plutôt 3 groupements d'arbres) qu'il faut connaitre pour savoir et surtout pouvoir survivre en forêt boréale:

-les conifères (on cite volontiers les pins et mélèzes)
-le bouleau (on préfèrera le bouleau à papier)
-le saule (tout type de saule...)

On les appelle les "3 trésors" selon la tradition bashkir (je rappelle que je suis d'origine cosaque, des bashkirs cosaquisés) parce que connaitre ces arbres vous assure d'avoir suffisamment de ressources pour survivre en forêt: alimentation, pharmacopée, construction, feu...


Les conifères

Servant de bois de chauffe et de construction, ils ont de multiples utilités:

-utilisation pour le feu par friction ( peu pratiqué en réalité par chez moi, dans l'Oural. On lui préfère la percussion)

-utilisation en alimentation: les racines à commencer, même valeur nutritionnel que le céleri (glucides notamment), le cambium (la partie vivante sous l'écorce) servait à mélanger avec de la farine classique,et les pignons (bien que petits...) apportent aussi une source alimentaire non négligeable (environ 680Kcal au 100gr, qui dit mieux?)! Enfin, les bourgeons et la sèves servaient à faire des "douceurs" et les aiguilles peuvent être utilisées pour faire une infusion et en extraire ainsi la vitamine C (pas d'ébullition, la vitamine C ne supporte pas les fortes températures!)

-utilisation en pharmacopée: les tanins des écorces en décoction pour lutter contre les diarrhées, les aiguilles en infusion pour lutter contre les infections de la gorge et le scorbuts, la sève pour désinfecter et cicatriser les petites plaies.

-utilisation diverses: parfois, les écorces étaient utilisées pour tanner des peaux. Le procéder de fumage lui était cependant largement préféré. Les jeunes branches souples servaient parfois à faire des cadres pour tendre les peaux, ou les rameaux à fabriquer des balais. On faisait également de la colle mastique avec la sève, en mélangeant charbon/sève/graisse.


Le bouleau

Servant de bois de chauffe et de construction également, il a de multiples utilisations:

-utilisation pour le feu: son plus grand trésor! Son écorce saturé en huile, est un bon combustible pour le feu, même humide. Son papier très fin est un excellent initiateur!

-utilisation en alimentation: On récolte sa légendaire "eau de bouleau" à la fonte des neiges lors des premières montées de sève. Diurétique à forte dose, mais très sucrée, on lui porte des propriétés nettoyantes de l'organisme. Les jeunes feuilles se consomment également, à petites doses car diurétiques également. Le cambium était utilisé en situation de famille pour faire de la farine.

-utilisation en pharmacopée: La pélicule de la mue de bouleau (le papier très fin) est utilisée pour faire des pansements (combinés à la sève antiseptique d'un conifère par exemple). L'eau de bouleau est utilisée après une indigestion pour éliminer le "mauvais". La cendre de bouleau est utilisée chez nous pour faire du savon et laver le linge.

-utilisation diverses: les écorces étaient utilisées fabriquer des canots, des boites, de la colle et j'en passe!


Le saule

Présent partout où il y a de l'eau, il figure parmi les arbres à connaitre également, 3eme compère des 3 trésors ouraliens:

-utilisation pour l'eau: là où il pousse, de l'eau tu trouveras...

-utilisation en alimentation: Le cambium était utilisé en situation de famine pour faire de la farine.

-utilisation en pharmacopée: Possédant les mêmes propriétés que l'aspirine, on utilisait les feuilles pour faire baisser la fièvre en infusion, pour lutter contre la douleur. Un ancien bashkir m'avait expliqué qu'il mâchait deux à trois feuilles en même temps pour avoir de la mousse en bouche, et calmer ainsi ses maux de dents! Il recrachait les restes de feuilles ensuite. (Attention: fluidifiant du sang, à ne pas utiliser en cas d’hémorragie). On utilisait aussi l'écorce à cet effet, en décoction.

-utilisation diverses: On fabrique tout un tas de truc avec le saule, grâce à sa flexibilité (vannerie, nasses, canne à pêche, déclencheur, raquette de survie aussi parfois..). Ses écorces sont parfois utilisées pour faire du cordage. Les feules "argentées" sont utilisées pour confectionner des leurres pour la pêche.


Voilà, je vous ai fait un topo sur ces 3 trésors, entrainez vous à les reconnaitre et à vous en servir!Sait on jamais, pourraient ils vous aider à préserver votre trésor le plus précieux: Votre vie! 

Amical partage, John C

lundi 31 décembre 2007

Les Ichmoukametoff, une famille de Bashkir chez les Cosaques



J'ai la chance d'être né au carrefour de plusieurs cultures. Que ce soit du côté paternel originaire de Hongrie (une famille de Magyars descendants Hunniques), ou du côté maternel originaire de Russie, tous venaient d'une culture différente. Mais celle qui m'a le plus marquée et imprégnée, qui me faisait rêver, c'était ma culture d'origine maternelle, celle des Cosaques et de mes ancêtres semi-nomades Bashkirs. 

La culture cosaque est une culture profonde au combien riche, vraiment proche de la nature (en partie dû à l'héritage des peuples nomades l'ayant composé, comme l'a fait ma famille bashkir), et aux multiples facettes, mais méconnue. J'ai donc eu à cœur ces quelques dix dernières années d'aller à la rencontre des Anciens de mon peuple, d'apprendre avec eux, et de rassembler ce savoir de vile savoir traditionnel tant en matière de vie sauvage qu'en art martial pour le préserver et le transmettre à nos nouvelles générations, en fervent représentant du peuple cosaque.  A présent, je suis officiellement, je suis la 7eme génération de cosaque dans la famille Ichmoukametoff...Voici notre histoire:

Ишмухаметов

Ishmukhametov

Ichmoukametoff

Autrefois, il y a plus de 350 ans, ma famille descendait des ISHMUKHAMET, une illustre famille Bashkir (des "Batyr et Morza", autrement dit des nobles "chevaliers" Bashkirs) et régnait sur une grande partie de la zone ouralienne à l'Ouest jusqu'au plaine du Kazakshan au Sud et à la porte de la sibérie à l'Est à partir d'un fief nommé également suyundyukovo, puis Ishmukhametovo situé dan L'Oural à la porte du Kazakhstan non loin d'Orenburg. Ils appartenait alors à la tribu des Bashkirs des steppes TUNGAUR du clan SUYUN, qui vouaient une partie de leur existence à l’élevage des troupeaux (Chevaux, chameaux, chèvres, moutons...) et à la protection d'un tronçon commerciale remontant de la route de la soie.

Une fois russifié (certainement au cours du 19eme siècle), le nom de ma famille devint Ishmukhametov, et leur ville prit le nom de Ishmukhametova (nouvelle ville fondée fin 19e siècle, à 50km de l'ancien village) durant la période soviétique. Cette ville actuellement en république de Bashkirie existe encore de nos jours.




Cavaliers Bashkirs (gravure du 19ieme siècle à titre d'illustration, n'ayant point d'image de cette époque...). Le premier bashkir a être devenu cosaque de ma famille se nommait Bulyak Ishmukhametov.  C'était l'arrière grand père de mon propre arrière grand Père Artem. Il était membre du régiment bashkir que ma famille gérait. Sur volonté politique, l'Empereur souhaitait supprimer l'autonomie de ces régiments indigènes et les regroupa dans les régiments cosaques de la région. Né dans la région de l'Oural Occidentale à Suyundukovo (village bashkir) et au commandement de son régiment de Bashkirs, il fut alors par Oukaz impérial du 08 aout 1812, nommé au rang d'Officier de l'Armée impériale de Russie et son régiment devint un régiment de Cosaques: http://www.gasrb.ru/barchd979.html En échange du rang d'officier chez les cosaques dans l'Armée, il cédait son rang de noblesse. Donner un rang d'officier au sein de l'armée impériale russe était une habile manière de la Russie impériale de se rattacher fidèlement les communautés nomades...Avant cela, les Bashkirs formaient depuis 200 ans des régiments spéciaux à part, que chaque noble du peuple avaient pour devoir de fournir à la couronne impériale.C'est ainsi que ma famille ont rejoins les rangs des Cosaques!


En ethnologie russe, il existait deux grands groupes ethniques de nomades: Les Tatars et les Kirghizs. Les russes mettaient dans ces "paniers" un peu tout ce qui montait à cheval et était turco-mongol... Dans les grands groupes des Tatars, se trouvaient les Bashkirs. Ci dessous, un PDF regroupant l'intégralité des familles "tatars" (sous entendu ce "grand panier") dont ma famille les Ishmukhametov (Ишмухаметов) page 258:http://www.cossackdom.com/book/nazarov_uralkazak.pdf
Il y avait des cosaques de la famille  Ishmukhametov partout en Russie, de l'Oural jusqu'en Yakoutie (le frère de mon arrière grand père y fut envoyé dans un corps de policier cosaque...)


Artem A. Ichmoukametoff dans les années 1905 en Russie, en tenue de ville. Mon arrière grand père en ces temps là servait comme officier au 2ième cosaque d'Orenburg. Artem est né le 1er septembre 1880 à Orenburg d'un Père officier cosaque, 4eme cosaque de la famille. Il est décédé en 1946 en Normandie en France. Dans ma famille, les gens ont au moins 3 prénoms : le Tatar/bashkir (langue très proche), le russe, et le francisé! Ainsi, mon arrière grand père s'appelait Arkhtiam en tatar/bashkir, Artem en Russe, et Arthème en français... 

 [X]
Groupe des officiers du 2eme régiment de Cosaques d'Orembourg. Mon arrière grand père se trouve à gauche.  



Sauf-conduit de mon arrière grand père Artem, venu en France après la guerre civile, en 1923. Il avait alors 43 ans... Notez l'orthographe pittoresque du prénom et du nom de famille! Ишмухаметов est devenu Ichmoukametoff...mais sur le sauf-conduit, ils ont écrit "ichinoukametoff"! Devant fuir la Russie en 1921 car recherché, il est arrivé à Bizerte en Tunisie comme simple matelot sur le torpilleur SVONKY. Il y restera quelques temps pour travailler au domaine de Toutainville afin d'acheter son billet pour la France.

A son arrivée en France,à Marseille, il obtient un sauf-conduit. Il vit quelques mois sur Nice parmi la communauté russe. Puis il part en Normandie où il est entré à la Société de métallurgie de Normandie le 22.5.23 pour en sortir le 30.4.31. Dans cette période il a travaillé 1 an et demi à partir de 1930 au Haras de Merville (14) comme palefrenier. Ce haras appartenait au baron Vladimir de Koeppen qui avait 12 employés russes en 1926. Le haras n'avait plus que 6 employés en 1931, en 1936 il avait disparu. Artem monta avec l'aide d'un français une fromagerie à Audrieu. Il perdit sa fromagerie saisi par les allemands en 1941. Il fit alors de l'élevage de porcs. Parallèlement, il travaillait à l'école des cadets russes à Versailles comme consultant militaire.



Rassemblement de famille entre cosaques. Mon arrière grand père Artem à Gauche. La dame à droite était Madame Sansonoff (Femme de cosaque du Don) et marraine de ma grand mère dans les années 1930. 


Mon arrière grand père Artem et mon arrière grand mère Isidora. Cette dernière est née en Pologne, descendante d'une famille de cosaques d'Ukraine. Mon arrière grand père l'aura rencontré lors de la "tournante" de son régiment en Pologne. Dans ses bras, Mikhaïl (Michel), le premier né de ma famille sur le territoire français.


Plus de photos et d'histoire par ICI

En d'autres termes, je suis un bashkir issue de l'école cosaque! 

Une pensée à mes Anciens, 

cosaquement, John C

 

samedi 1 septembre 2007

"Ce qui n'est pas donné, est perdu." P.P

 Bonjour à toutes et à tous!  EDIT Décembre 2013

Voici désormais l'adresse de ce nouveau blog, que je consacrerai entièrement à la culture traditionnelle et ancestrale des peuples nomades Ouraliens, Sibérien ou bien encore d'Asie centrale, notamment des Bashkirs et des Cosaques. Ce blog se veut être dans la continuité de l'ancien* et le remplacer (http://kharakternik.monwebjournal.com/)...

Au plaisir sincère de partager et de vous faire découvrir ou redécouvrir sous un nouveau jour des cultures méconnues, celle de mes origines...



Cosaquement, Jonathan Czödör Ichmoukametoff 
                                 (Dit "chez nous", Ivan Ichmoukametoff)



*qui a souffert (une fois de plus) d'actes malintentionnés, probablement de la part de gens médisants et "conccurents", le monde de la "survie" étant u panier de crabes comme celui des arts martiaux en passant... Je remettrai par ici les quelques 44 articles qu'il y avait autrefois sur l'ancien blog.