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samedi 1 octobre 2011

Le chameau de Bactriane, et les cosaques

 ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 01 octobre 2011

Animal emblématique des milieux semi-arides steppiques, le chameau de Bactriane et ses cousins ont toujours fait partie du paysage et du mode de vie de nombreuses peuplades nomades et semi nomades, y compris des cosaques, et plus particulièrement de ceux vivant dans la région de l'Oural à la porte des grandes steppes Kazakhs. 

A l'image du renne dans le Grand Nord, le chameau est un animal à tout faire pour le nomade, de l'animal de travail à l'apport de moyens de subsistances essentielles dans un milieu rude comme l'est la steppe. En cosaquerie, sa domestication est de toute évidence dû à la forte composante ancienne de bashkirs et autres nomades (Kalmouk)  au court de l’ethnogenèse des peuples cosaques...


Des cosaques d'Orenbourg (la ville d'origine mon arrière grand père) au travail avec des chameaux de Bactriane fin 19ième siècle. Peu connu de la masse populaire, il faut savoir que les cosaques de l'Oural et d'Orenbourg qui comptaient une grande majorité de nomades Bashkirs, tatars ou bien encore Kalmouks dans leurs rangs, faisaient grand usage de l'animal. L'animal servait notamment aux musiciens lors des sorties régimentaires pour communiquer les ordres.
 

Idéal pour la survie en milieu rude, Le chameau permet de produire:

-du lait, l'un des plus riches en vitamines qu'il soit du règne animal et très digeste pour l'humain qui plus est,
-de la laine, l'une des plus chaudes qu'il soit. On la tisse ou la file, pour faire des cordes, des tapis, des vêtements, des semelles de feutre, du feutre pour la yourte(...)
-du cuir, le cuir du chameau étant un cuir épais et résistant,
-de la viande pour nourrir la famille,
-des os pour faire des outils et objets artistiques divers,
-de la graisse (contenue dans la bosse) qui pouvait nourrir une famille tout un hiver
-de sa bouse, on fait l'argal (bûche de bouse séchée pour le poêle)
(...)

 Ma personne avec un  Bactriane. Au garrot, près d'1M80 : Un petit mâle. Notez la grosseur de la tête et les spécificités : narines fermantes, grands cils aux yeux, des caractéristiques faite pour survivre aux tempêtes de sable...Grosses lèvres durs, pour pouvoir manger de tout y compris les arbustes épineux...

 Ma personne remettant le licol. J'aime beaucoup le chameau de Bactriane : un animal robuste, humble, endurant...Ma famille, des Bashkirs (servant dans les Cosaques) en possédaient plusieurs dans leur cheptel.

Les soviétiques faisaient grand cas du chameau de Bactriane et avaient montés des patrouilles avec cet animal. Ils lui firent passer également une grande série de tests, impressionnés par ses capacités d'adaptation et de résistance. C'est ainsi qu'on a appris que le chameau de Bactriane pouvait survivre à des températures de -50° à plus de 4000m d'altitude et rester 3 semaines sans manger malgré des températures très basses.

Plus court sur pattes que le dromadaire, et plus trapu que le dromadaire africain, sa physionomie a fait qu'il supporte à la fois les fortes chaleurs et les grands froids, dont les grands écarts d'amplitudes thermiques typiques de la steppe et des déserts des plateaux d'Asie Centrale, tout en restant très longuement sans manger (d'où d'ailleurs ses deux bosses fournissant la graisse nécessaire pour l'alimenter à la fois en lipide essentiel pour lutter contre le froid, et produisant également grâce à un mécanisme complexe, de l'eau!!!).

Par ailleurs, le Bactriane et ses nombreux cousins à deux bosses peuplant toute l'Asie Centrale ont également développé des lèvres épaisses leur permettant de se nourrir des rares plantes de la steppe, très souvent très rigides ou pourvu d'épines pour se protéger des "prédateurs".

Le chameau prévient la tempête : lorsque va arriver une tempête de sable ou de neige, le chameau de Bactriane est un bon indicateur car il la sent longtemps à l'avance. Le troupeau se regroupe alors dans le coin à priori le mieux protégé (selon eux...) et se couchent alors en attendant que ça passe. Une bonne demi-heure, voir une heure plus tard, la tempête arrive à coup sûre!




Pourquoi le chameau est il toujours mélancolique? L'histoire du chameau et du Cerf

Un petit conte nomade raconte pourquoi le chameau regarde toujours l'horizon d'un air mélancolique. Il est dit que le jour de la création, le Créateur dans le Ciel avait doté le chameau de bois sur sa tête. Plaisant ainsi aux Dames chamelles, le chameau avait alors beaucoup de compagnes. Le cerf étant tout seul, demanda un jour au chameau s'il pouvait lui prêter ses bois pour lui aussi trouver une compagne. Le chameau, altruiste et plein de compassion envers le cerf, lui prêta volontiers ses bois en lui demandant de lui ramener plus tard. Le cerf partit alors au loin avec ses bois, bien fier. Le chameau le regardait. Plusieurs jours passèrent. Plus de nouvelles du cerf. Ce dernier avait décidé de garder les bois pour lui! Depuis, le chameau scrute toujours l'horizon à la recherche du cerf en espérant mélancoliquement le voir revenir un jour...

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