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lundi 28 novembre 2016

De l'islam dans la Cosaquerie

De l'islam dans la Cosaquerie

Beaucoup de gens connaissent les cosaques comme des fervents défenseurs de la Foi, chrétienne orthodoxe qui plus est, mais rare sont ceux qui savent qu'il y a (eu) des cosaques d'autres confessions, musulmans notamment.

Ecrire sur le sujet risque à coup sûr de m'attirer des foudres, tellement le sujet est actuellement sensible, l'Islam n'ayant pas bonne presse avec l'actualité mais qui plus est chez les Cosaques, avec une grande partie qui ne connaissent pas notre histoire, et une autre qui est dans le dénie le plus profond...

Pourtant, pour l'intéressé au sujet, nous pouvons trouver de nombreuses références, à commencer par cet article du dictionnaire Collins (USA) au sujet des cosaques :

Un fait intéressant, c'est que 80% des noms des premiers cosaques étaient de consonance arabo-turque (pensons notamment à mon propre nom de famille, Ishmukhamet qui signifie "Au nom de Mahomet). Certains spécialistes russes allèrent jusqu'à prétendre que les premiers cosaques étaient musulmans ! Ceci étant, hormis des allégations et croyances populaires, nous n'en avons aucunes traces archéologiques et historiques concrètes...

QUELQUES SOURCES PAR CI PAR LA 

https://www.rferl.org/a/1066820.html

Un article d'il y a 12 ans maintenant, mais intéressant à beaucoup de points de vue, de la relation de l'Orthodoxie avec le pouvoir russe et par là même l'armée, et la voix des autres "minorités".

Pour les russophones : Un sujet autour des cosaques musulmans et autres confessions http://russian7.ru/.../kazaki-musulmane-kak-takoe-vozmozhno/

Un autre article à ce sujet (sur les cosaques musulmans) :
http://windowoneurasia2.blogspot.fr/2015/10/not-all-of-russias-cossacks-are.html

Notons cependant qu'à partir du 18e, les musulmans dans les voïskos cosaques étaient très largement minoritaire, comme les bouddhistes d'ailleurs !

"En 1840, il fut autorisé à l'aristocratie musulmane de servir au sein des Cosaques et à occuper des postes de commandement. Le politicien Sergey Markedonov ajouta : "Il serait faux d'imaginer que l'entrée au sein de la Cosaquerie les a été invariablement accompagnée par le rejet de l'Islam, qui est la Foi des ancêtres".

"D'après une étude menée en 1862 (note du traducteur : à priori, un recensement demandé par le gouvernement impérial) parmi les Cosaques de l'Oural a donné les chiffres suivants : Russes, y compris Biélorusses et Ukrainiens 70 331 (85,8%), Bachkir - 6 095 (7,4%), Tatar - 4 168 ( 5,1%), Kalmyks - 1,184 (1,4%), et enfin, une petite minorité faite principalement deTurcs, - 220 (0,3%). Ainsi, le total approximatif de musulmans dans l'armée de l'Oural était au milieu du 19e siècle de 12,8%. (note du traducteur : soit un tout petit peu plus d' 1/10)

SOURCE : Источник: Казаки-мусульмане: как такое возможно
© Русская Семерка russian7.ru (traduction réalisée par mes soins).


DU BASHKIR AU COSAQUE EN PASSANT PAR LE BASHKIR-COSAQUE

Fin 18e siècle, l'armée impériale russe envahie ce qui est actuellement la Bachkirie pour s'emparer des ressources, notamment en minerais. Les bashkirs menèrent une résistance acharnée, mais la masse et l'évolution technologique (arme à feu..) permirent aux impériaux de prendre le dessus.

Début 19e siècle, l'Impérialiste russe tente d'absorber ce vivier de combattant dans sa cavalerie, ce que les nobles refusèrent.Ils se rendirent alors à St Petersburg rencontrer l'Empereur pour lui proposer un pacte : les bashkirs restent libres mais fournissent une armée à la demande, contingent qui restera dirigé par ses nobles. Ainsi naquit le 1er régiment irrégulier de bashkirs ! 

1812, Napoléon lance sa campagne de Russie. Les Cosaques, mais aussi les Tatars et les Bashkirs arrivent à la rescousse pour sauver la "Sainte Russie"! Résultat, Napoléon est défait et rentre en France poursuit par l'armée impériale russe qui occupera en 1814 et 1815 une partie de Paris...

A partir de 1812, les régiments de bashkirs basculèrent progressivement par Oukaz (décrets impériaux) en régiment de bashkir- cosaques pour finir distillé dans les régiments cosaques, d'Orenburg notamment.

Ca n'est pas sans rappeler le parcours de ma propre famille, où Bulya Ishmukametov (arrière grand père de mon propre arrière grand père Artem), passant du rend de noble bashkir à officier cosaque ! 1ere génération dans la Cosaquerie...

De nos jours, il ne resterait d'après les recensements effectués que 110 à 150 descendants de bashkir-cosaques, dont l'association la plus importante se trouve à Perm avec un Ataman élu... Et les traditions se perpétuent !

1er régiment de bashkirs - cosaques en 1815 (Autrefois, 1er régiment irrégulier de bashkirs)

Du cosaque au bashkir,en passant par le tatar et le kalmouk


Un bashkir cosaque tel qu'il était au milieu du 19e siècle. On perçoit un début d'uniformisation impériale, avec encore quelques équipements typiquement bashkir comme la coiffe, le sabre...



lundi 23 décembre 2013

Le Blini à la cosaque


Impossible d'attaquer le terrain le matin, sans un bon petit déjeuner! C'est ainsi que chaque matin, j'ai pour habitude de me préparer des blini! Des blini? Oui, MAIS à la cosaque (ou plutôt à la bashkir)! 


L'origine des blini chez les cosaques

Beaucoup attribuent la recette du blini cosaque à la culture russe à proprement parlée. Traditionnellement, les blini russes sont faits avec une pâte au levain qui se laisse gonfler quelques heures avant d'être diluée avec du lait bouillant pour délayer la pâte. Ensuite, on les cuisait autrefois au four. L'usage de la poêle s'étant démocratisé, on les cuit presque toujours maintenant de la sorte!

En russe, Блин = Blin, au pluriel блины = bliny (le S à la fin pour signifier le pluriel est une occidentalisation du terme...)

Le mot blin trouverait son origine de l'ancien slavon "mlin", qui signifie « moudre » (cependant, le terme de blini existait aussi chez les scandinaves pour désigner les crêpes. Et on sait maintenant que ces peuplades du Nord sont à l'origine de la Russie, pensons aux Rus notamment...).

Identifié au soleil de par leurs formes et leurs couleurs dorés par les peuplades païennes slaves, les blinis avaient alors une signification rituelle à l'ère pré-chrétienne. Ils étaient traditionnellement cuits à la fin de l'hiver pour honorer la renaissance du soleil le 21 décembre (la semaine des crêpes, Maslenitsa). Cette tradition fut adoptée par l'Église orthodoxe pour faciliter l'assimilation des païens et reste célébrée de nos jours. Les blinis furent aussi servis aux veillées funèbres pour commémorer les morts.

D'un autre coté, on a la crêpe tatare/bashkir traditionnelle, le Qistibi de laquelle se rapproche le blini cosaque. En effet, plus d'uns furent étonnés de ma recette, habitués à la recette russe ou norvégienne habituelle à base d’œufs, de levure et de crème fraiche. Pourtant, à l'origine, pas de poules dans les champs sauvages, ou dans la steppe. Il n'y avait donc pas d’œufs (bien que les Bashkirs aient pour coutume d'aller chercher les œufs d'oies sauvages!). Et il n'y avait pas non plus de levure pour faire monter les blinis.Par contre, on avait du lait à foison!

Qıstıbí = crêpe en tatar/bashkir

Il se pourrait donc la l'origine du Blini chez les cosaques soit davantage tatare/bashkirs, que russe!

Le Blini cosaque: simple, pragmatique, efficace! Cosaque quoi...

La recette du blini cosaque est des plus simples :

-de la farine (souvent de sarrasin ou blanche)
-du lait chaud (à l'origine du lait de chameau, de jument, de chèvre ou de brebis)
-de la graisse
-un peu de sel

C'est pour ça qu'on l'appelle aussi le blini du pauvre (Ceci dit, je m'en contente bien sur le terrain!).

 La pâte doit être assez épaisse pour donner des blini de 3 à 5mm d'épaisseur.


L'astuce est de bien diluer la farine avec le lait chaud pour obtenir une pâte homogène et épaisse. On y mélange une petite pointe de graisse fondue pour le goût et empêcher que ça colle à la poêle...

 Rien de tel qu'une bonne platée de Blini pour commencer la journée!

Je les consomme toujours avec du miel. Le miel est un aliment de base très présent dans "ma cuisine", qui tient ses origines tant des cosaques, que des Bashkirs.
Notez que le miel est abondant dans la cuisine bashkir, en raison de la forte présence d'abeilles dans les steppes et forêts environnantes qui ont permis le développement de l'apiculture, un savoir classé "savoir ancestrales" en Russie. Le miel bashkir est de notoriété internationale!

UN FILM SUR LE MIEL EN BACHKIRIE

Cette recette fut au fur et à mesure sous l'influence russe et mais avec la facilité de se procurer tel ou tel produit par le blinis classique russe (ou norvégien!) selon la recette habituelle!

dimanche 1 décembre 2013

Abri de survie : l'appentis simple à la cosaque

Dans la série des abris de fortune utilisés dans la culture cosaque "vie sauvage", je vous présente aujourd'hui l’appentis simple à la cosaque.


Bivouac sous appentis simple pour les Cosaques du Don. Tableau de P.Kovalevsky 1890.

Il se compose de 3 éléments :

-un Y
-deux perches de grandes longueurs
-du remplissage (foins et fourrage, feuilles, mousses, branchage etc...)

Temps de construction : 1H00 environ pour 3 personnes.

Avantages : Rapide à construire.. Autoportant. Côtés ouverts pour la surveillance. Rapide à démonter. Peut être très discret en milieu forestier.

Inconvénients : En plaine, nécessite du bois (le Y et les perches). Coté ouvert avec possible prise au vent. Retient peu la chaleur.

Originellement, cet abri de fortune était monté dans les plaines et la steppe pour permettre aux cosaques de se mettre à l'abri des pluies tout en pouvant surveiller les alentours, les chevaux voir le bétail. Très facile à construire et surtout autoportant, il était donc idéal pour les zones "plates", c'est à dire sans arbres permettant de bâtir une cabane. La structure repose sur un Y, sur lequel on mettra deux longues perches pour faire une pente. Sur cette pente, on ajoutera des branchages pour permettre de recevoir le remplissage (la garniture assurant l'étanchéité). Autrefois, à défaut de branchages et de bois, on tirait une corde en filet autour des perches et on positionnait dessus du fourrage, voire des herbes longues des plaines pour confectionner le toit. Petite astuce, en tapant dans le mât porteur, l'abri s'affaisse aussitôt et passe en basse visibilité en cas d'urgence...


L'appentis cosaque en forêt : idéal dans les grands espaces lorsqu'on ne peut utiliser les arbres en support


En prenant le temps de le parfaire, on peut obtenir une basse visibilité



mercredi 30 octobre 2013

Modernisation du Kinjal

 Bonjour à toutes et à tous!

Aujourd'hui, réception du prototype d'un Kinjal modernisé selon ma conception. 

En voici la revue détaillée :


[Revue matériel] Kinjal modernisé©

Concept et plan : Jonathan Czodor Ichmoukametoff (Tous droits réservés)
Réalisation : Masuyo



Le Postulat de départ

Je ne reviendrai pas sur l'histoire du Kinjal (présentée dans un précédent article) ni sur ses spécificités. Rappelons cependant que le Kinjal est pour un cosaque, un élément important culturel jouant plusieurs rôles :

-symbole de rang cosaque
-arme de combat rapproché redoutable
-outil à tout faire

Cependant, les anciens Kinjal damassés et finement ouvragés bien que d'une très grande qualité (mais quasiment introuvable sur le marché, ou alors à prix exorbitant) ne sont plus vraiment adaptées de nos jours à la vie sur le terrain en raisons de particularités dépassées dans le design ou la fabrication. Citons notamment les parties ouvragées en niellé qui sont certes magnifiques, mais fragiles pour vivre dans la dureté sur le terrain, et qui sont aussi très voyantes, ou bien encore la pointe "perce maille" qui servaient à percer les cottes de maille d'autrefois...
Ainsi, entre traditions et modernité, m'est venue l'idée de développer un Kinjal reprenant les fondamentaux même du kinjal traditionnel tout en faisant usage de matériaux modernes et en s'affranchissant des contraintes nécessaires du terrain :

-un style épurée (pas trop de pièces) mais proche des origines dans la forme
-des matériaux résistants et de qualité et bon marcher
-un couteau pouvant jouer les rôles pragmatiques du kinjal pour un cosaque (y compris l'aspect combat...)

L'idée est par la suite si le prototype  est validé, d'équiper une section de 10 cosaques avec ce même type de Kinjal modernisé!

Aussi à partir de ces détails, et d'un plan soigneusement réalisé (dimension, détails techniques etc...), je me suis mis à la recherche d'un forgeron coutelier. C'est après une petite année de prospection, que je me suis arrêté sur un coutelier amateur, mais dont le profil et la qualité de travail étaient intéressant, en la personne de "Masuyo".  Prise de contact rapide.. Délais de travail très court (il ne disposait que d'un mois pour réaliser le projet).


Caractéristiques techniques du Kinjal version modernisée 


La LAME


-Acier XC75 (4mm en soie) / Stock removal. L'acier XC75 est composé principalement de fer et de carbone (0,75%). C'est un métal qui s'oxyde (d'où un entretien régulier de rigueur à base d'huile pour limiter les risques de corrosion) mais qui offre une bonne prise de la trempe. De plus, cet acier est facile à affûter notamment pour avoir ce qu'on appelle un affutage rasoir et tient bien la coupe tout en résistant correctement à la flexion ce qui en fait un choix de prédilection en coutellerie.
-Trempe intégrale avec un revenu poussé (pour garantir une bonne résilience de la lame (Dureté de 58 HRC).
-Emouture convexe

-Petit plus : Masuyo a proposé de mettre sur la lame une petite gravure "Ivan" en cyrillique.

Note : la pointe "perce maille" habituellement présente sur les kinjals traditionnels caucasiens a été remplacée par une pointe plus arrondie.


La POIGNÉE 



-Montage en plate semelle
-Plaquette en stamina wood noir et intercalaire micarta vert (épaisseur totale 25mm plate semelle compris)
-2 rivets mosaïc-pin en laiton pour la fixation (les plaquettes sont également collées)


Note : On a gardé dans la forme un aspect très traditionnel, reconnaissable au premier coup d’œil.

L'ÉTUI

-Etui en Kydex (avec brin noir de paracorde en sus pour fixation au sac, ou en ceinture par exemple)
-11 Œillets

Note : Grosse innovation. On met de coté le fourreau traditionnel en cuir et ses montures et partie ouvragée pour aller vers quelques choses de plus léger, plus rustique, moins lourd. 

DIMENSION et POIDS  (à venir)

-Kinjal dans son étui : cm
-Kinjal au clair : cm
-Taille de la lame
-Poids du Kinjal
-Taille de l'étui
-Poids de l'étui

TESTS TERRAIN : y'a que ça de vrai!

Rien de tel que 8 jours de terrain en forêt pour tester mon" jouet".

-Points positifs : léger, très tranchant, facile à affûter, maniable même par temps humide, très bon équilibrage au lancer...et j'en passe!
-2 points négatifs : la lame rouille vite. Il est impossible de bâtonner avec un double tranchant.

Résultat, j'en suis pleinement satisfait, et j'ai déjà vu quelques points à améliorer pour atteindre "la perfection:


-Réduire les plaquettes de la poignée d'1mm de chaque côté (gain de poids et de volume)
-Aplatir l'émouture au départ de la poignée sur 10cm (permettre de bâtonner, pousser du pouce etc...) sans pour autant perdre en bout de lame le double tranchant (combat...)
-Améliorer l'étui kydex dans la qualité de thermoformage.
-Dans le bout de l'étui (à la manière des anciens fourreaux de kinjal), ajouter une pièce métal plate parfaitement collé (avec rivets) pouvant ainsi servir de pelle pour creuser.
-Suggestions facultatives supplémentaires : ajouter un logement pour firesteel? Ou une toute petite pierre à affûter en diamant?


Textes, photographies et concept : Jonathan Czodor Ichmoukametoff. Tous droits réservés. 




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lundi 30 juillet 2012

Kazarla : magazine ethnique russe sur les cosaques


ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 30 juillet 2012

Kazarla : magazine ethnique russe sur les cosaques


Ce magazine se consacre totalement aux cosaques et plus particulièrement aux groupements du Don, du Kouban et du Terek de Russie.Il aborde la culture cosaque sous tous ses aspects, des traditions ancestrales à la cuisine, en passant bien sûr par l'équitation, les sports de combat ou bien encore par les actions diverses menées par les cosaques en Russie comme dernièrement l'entraide qu'ils ont apporté aux sinistrés du Kouban...






Un article dans le magazine ethnique russe KAZARLA m'est consacré ce mois ci. Il s'agit du n°3 Juillet 2012.

Pour en savoir (ou voir!) plus :

http://kazarla-journal.livejournal.com/

Bonne lecture! 

samedi 14 avril 2012

Le CODE D'HONNEUR cosaque

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 14 avril 2012

 Il existait en fonction des groupements cosaques (armées-peuples) différents codes dit d'honneur mais ayant tous plus ou moins le même contenu, mettant l’accent sur le sens des valeurs, des libertés et de la culture martiale cosaque. Ce code était (est) normalement censé régir la vie du cosaque.

Voici l'un de ces codes (version donnée par le cosaque Sergueï Achinoff datant de 1915 issue de l'académie militaire d'Orenbourg) :

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "(1)
1 - Cosaque, au service de la cosaquerie et du Seigneur Dieu et Christ Jésus le fils, tu leur es toujours dévoué corps et âme en tout temps et tout lieu.

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "
2- Attaché aux traditions, fier d'être un cosaque, tu le montres dans ta tenue toujours propre, ton comportement modeste, ta droiture d'esprit, et dans ta parole toujours de valeur. Tu agis toujours en modèle de conduite, digne représentant des cosaques quelque soit le lieu ou le moment.

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "
3– Chevalier d'élite, tu t'entraînes toujours avec rigueur et détermination. Tu prends soin de ton armement, et entretiens ton corps comme ton esprit, et cultive ta valeur morale.

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "
4- Chaque cosaque est ton frère d'arme, camarade dans la vie comme dans la mort, tu n'abandonnes jamais ton combat, ni tes morts, ni tes blessés, ni ta Parole. Tu fais toujours preuve de déférence envers tes ainés et tes chefs, et tu manifestes à chacun le respect et la solidarité qui doit unir les membres d'une même famille.

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "
5- En cosaque, tu respectes et traites avec dignité ton ennemi, au combat comme dans la vie, en adversaire comme en vaincu, quelque soit sa race, sa religion ou son pays. En chevalier tu sauras t'élever contre l'Injustice, fervent défenseur des libertés et du respect de la vie et de la Foi chrétienne.

Il en existe de nombreuses variations de ce code d'honneur cosaque tant dans le texte que dans la forme...(2)


UN PEU DE CULTURE...

Ce code d'honneur ne vous rappelle t-il pas quelque chose? Si? Le code d'honneur de la Légion étrangère française!

Notez que la Légion a été créé par le roi Louis Philippe en 1831. France amie de la Russie, de nombreux russes rejoindront la Légion étrangères, notamment des cosaques. En 1920, à la suite de la guerre civile russe et de la destruction des villages et régiments cosaques en Russie par les bolchéviques, la Légion étrangère française accueillit en masse des cosaques qui permirent plus tard la création du 1er régiment étranger de cavalerie, régiment encore d'actualité. Jusque dans les années 2000, les russophones étaient clairement majoritaires dans la Légion étrangère française. Le 1er régiment étranger de cavalerie était le régiment de la Légion étrangère à avoir compté dans ses rangs le plus de "cosaques".

Le 1er régiment étranger de cavalerie a été créé en 1921 à Sousse (actuelle Tunisie, où de nombreux cosaques trouvèrent temporairement l'asile dans des camps de réfugiés après avoir quitté la Russie bolchévique) à partir d'éléments du 2e régiment étranger d'infanterie et de cosaques émigrés servant dans cette arme.

À cette époque la Légion étrangère n'était constituée que de régiments d'infanterie mais la Légion comptait parmi ses effectifs de nombreux Russes (beaucoup de cosaques du Don, et du Kouban d'après les sources) issus des Armées blanches défaites par les Bolchéviques. Forts de l'expérience de la cavalerie légère cosaques, ils permirent à la Légion de rapidement s'imposer dans la cavalerie. D'ailleurs, on parlait verbalement de "1er régiment d'éclaireurs cosaques", et officiellement de 1er régiment étranger de cavalerie (l'appellation 1er REC ne sera officielle que le 20 janvier 1922 suite à la parution du décret n°6330-1/11 du 20 janvier 1922)...

Histoire du premier régiment étranger de cavalerie de la Légion étrangère(on y voit des cosaques en uniformes...)

Autre site traitant de ce régiment de la Légion



DU CODE D'HONNEUR A LA MORAL ET L’HYGIÈNE DE VIE D'UN COSAQUE


On parle souvent de pratique martiale, et de discipline en cosaquerie, mais finalement assez rarement de l'hygiène de vie nécessaire à la préservation de son corps et son esprit et aussi pour avoir une bonne pratique martiale (et survivre par extension tant bien sur le champ de bataille que dans la vie de tous les jours)...Voici quelques points clés de l'hygiène de vie d'un cosaque, étudiée à travers le code d'honneur.
1 - Cosaque, au service de la cosaquerie (et du Seigneur Dieu et Christ jésus le fils), tu leur es toujours dévoué corps et âme en tout temps et tout lieu.
De ce premier aspect, ressort un élément essentiel : la notion biblique d'âme. Une âme, c'est l'esprit dans un corps, et elle doit être compris dans son ensemble vivant. Une unité. La bible traite en beaucoup de passage du soin et du respect qu'on doit avoir pour soi, et par extension pour son corps en ne lui infligeant rien de contre nature ou pouvant lui nuire.
2- Attaché aux traditions, fier d'être un cosaque, tu le montres dans ta tenue toujours propre, ton comportement modeste, ta droiture d'esprit, et dans ta parole toujours de valeur. Tu agis toujours en modèle de conduite, digne représentant des cosaques quelque soit le lieu ou le moment.
Ce second point aborde plusieurs aspects de l'hygiène de vie d'un cosaque:

-premièrement, il parle de la tenue. Un cosaque se doit d'avoir toujours une tenue propre. A celà, plusieurs raison. La Santé tout d'abord, car avoir des vêtements propres limitent le risque de la propagation des maladies, et des parasites. Ensuite, l'image que le cosaque doit dégager, celle d'un homme ne subissant pas le terrain (aspect dignitaire du peuple, mais aussi de guerre psychologique façon à l'ennemi).

-deuxièmement : 'tu agis en modèle de conduite", ce qui sous entend de toujours être digne de son comportement du rang de cosaque, et notamment d'achever correctement et avec conscience le travail entamé. La rigueur fait parti de ce qu'être le modèle de conduite d'un cosaque...

3– Chevalier d'élite, tu t'entraînes toujours avec rigueur et détermination. Tu prends soin de ton armement, et entretiens ton corps comme ton esprit, et cultive ta valeur morale.

Il est ici clairement notifié de l'importance de l'entrainement. Rigueur (régulièrement et correctement) et avec détermination (en allant en bout de soi-même quelque soit les circonstances / ne vous cherchez pas d'excuse, la mort ne vous en trouvera pas). L'entrainement individuel constant est une condition sine qua none de la maestria martiale collective cosaque. Chaque cosaques est garant de la vie de son odnosoum et se doit de s'entrainer avec le maximum de rigueur qu'impose une pratique martiale telle que la notre. L'art martial n'est pas un jeu, ni un sport de détente. A ce titre, vous devez consacrer au moins 3 entrainements martiaux par semaines, pour une durée total de 6 à 8 heures maximum. pas davantage, car "trop vaut autant que pas assez"!

"Tu prends soin de ton armement" traite bien évidement de la bonne tenue des sabres, kinjal etc après usage, mais pas seulement. Il convient d'inspecter régulièrement son matériel, de l'entretenir même hors période d'usage...

"Entretiens ton corps comme ton esprit". l'entretien des armes, prend en compte l'entretien du corps et de la tête qui sont NOS premières armes au combat et pour survivre. Il convient donc d'avoir une hygiène de corps irréprochable (jamais plus de 3 jours sans toilette, même en situation difficile). Dans l'idéal, la toilette doit se faire tout les soirs avant le coucher pour dormir frais et propre et ainsi limiter la propagation des maladies et parasites. Entretenir son corps signifie aussi l’apprêter à l'action. Donc en faire un corps fort, souple et donc sportif. là se différencie la pratique sportive de la pratique martiale. Le sport est complémentaire à l'art martial, mais ne s'y soustrait pas. Il vient combler les besoins physiques, à hauteur de 2 à 4 heures par semaine maximum. Ce qui conduit à avoir environ 8 à 12 heures d'entrainement martial+physique par semaine pour un cosaque digne de ce nom...

Et cultive ta valeur morale.. Il s'agit là d'un point important. La valeur morale est la rectitude d'esprit en accord avec le code cosaques,et les principes chrétiens. Méditer sur ses actes (et les corriger), polir son esprit, affuter sa pensée sont autant de travail à faire sur soi pour cultiver sa valeur morale.
4- Chaque cosaque est ton frère d'arme, camarade dans la vie comme dans la mort, tu n'abandonnes jamais ton combat, ni tes morts, ni tes blessés, ni ta Parole. Tu fais toujours preuve de déférence envers tes ainés et tes chefs, et tu manifestes (toujours tout) à chacun le respect et la solidarité qui doit unir (les membres d')une même famille.
Cette aspect "communautaire" est primordiale. Il insiste sur le fait que dans la vie de tous les jours, le cosaque se doit d'être proche de ses compagnons, d'en prendre des nouvelles régulièrement et de maintenir le contact en Membre d'une même famille, celle de la cosaquerie. Partager des moments, d'entrainement, de travail, de vie de famille tous ensemble est essentiel.

5- En cosaque, tu respectes et traites avec dignité ton ennemi, au combat comme dans la vie, en adversaire comme en vaincu, quelque soit sa race, sa religion ou son pays. En chevalier tu sauras t'élever contre l'Injustice, fervent défenseur des libertés et du respect de la vie (et de la Foi chrétienne)
En chevalier tu sauras t'élever contre l'Injustice, dans la vie de tous les jours, le cosaque veillera à ne pas causer d'injustice (et cultivera ainsi sa valeur morale). Il sera le garant de la droiture. C'est un travail sur soi, un combat de tous les jours.




Notes :

(1) : ce n'est pas un secret pour personne, la cosaquerie était majoritairement de croyance chrétienne orthodoxe. Cependant, il y avait dans ses rangs (sans le moindre problème d'ailleurs...) des cosaques de confession bouddhistes et mêmes musulmanes...La cosaquerie était en son temps déjà un modèle d’intégration sociale, quelque soit sa "race", son origine ou sa religion...

(2) : Il existait aussi un code d'honneur cosaque fait pour l'école des cadets cosaques de Versailles (école fondée en France durant l'entre-guerre à des fins politiques dira-t-on...) En voici un extrait :

Ta vie n'est pas à toi seul. Elle appartient à tes amis, ta famille, et à la communauté. (ou : ta vie ne t'appartient pas, elle appartient à ton frère d'arme)

-La vie de ton ami est toujours plus précieuse que ta propre vie; tu peux mourir toi, mais sauve toujours ton ami.

-Sois polis avec les gens plus âgés, quel qu'ils soient. Si tu sens que tu a raison, argumente ton point de vue calmement

-Ne te dispute pas et ne t'énerve contre personne, cela amoindri ta valeur.

-Tous les gens sont égaux, grand ou petit, il n'y pas de telles choses.

-Ne considère jamais le fils d'une autre Nation comme plus ou moins intelligent que tu ne l'es. Apprécie à sa juste valeur et reste ouvert avec tout le monde

-Souviens toi qu'ils jugeront ton peuple à partir de ce que tu es ! (ou : Sois toujours un modèle de conduite et Honneur ainsi ton peuple)

-Chaque mots que tu dis devient la parole de ton peuple, sois un exemple. Esprit, mots et actions ne font qu'un.

-Souviens toi, ton âme appartient à Dieu seulement et personne d'autre. Le mal ne la prend pas.
(...)

dimanche 11 mars 2012

Une petite conférence sur les techniques de vie et survie ancestrales des cosaques

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 11 mars 2012

Une petite conférence sur les techniques de vie et survie ancestrales des cosaques 

Après ma première conférence à Genève avec Kerry Atjecoutay sur ce vaste et passionnant sujet l'année dernière dans la galerie d'Art Animitspace, et une courte présentation à la librairie "la rose des vents", j'ai eu de nouveau l'honneur et la joie de nouveau de présenter la culture de ma peuplade, lors d'une petite "conférence" sans prétention à Moncaup (64) Dimanche 04 mars 2012, demandée par la gouvernance locale.

Cette petite conférence sans prétention fait suite à plus d'un mois de vie dans la forêt à l'ancienne (octobre et novembre 2011), c'est à dire un mois où j'ai vécu comme les premiers cosaques de Sibérie dans la taïga, et ce sans aucun matériel moderne. Durant ce séjour, j'ai construit en solo une isba basée sur le modèle des anciens postes d'avant-garde cosaque bâti sur le modèle bashkir, uniquement avec une hache, une scie et beaucoup de persévérance...

Considérés à tord uniquement comme une armée de régiments de cavaliers, car telles fut l'image des cosaques véhiculée en Occident depuis Napoléon et la campagne de Russie, ou focalisé uniquement sur l'aspect martial de la cosaquerie, beaucoup de gens en oublient ou méconnaissent le mode de vie ancestral des différentes peuplades cosaques, notamment des anciennes traditions de vie et survie dans la Nature, pourtant très riche et diversifiée et en partie provenant des nombreuses peuplades les composant.

En effet, chaque communauté cosaque en fonction de son aire d'habitation avaient ses propres savoirs traditionnels de vie et survie dans la Nature, souvent empruntés au cours de leur ethnogénèse(1) aux autres ethnies locales, par exemples aux montagnards caucasiens pour les cosaques du Don, ou aux nomades des steppes et de la taïga pour les cosaques de l'Oural et de Sibérie...


Une cinquantaine de personnes avait fait le déplacement pour découvrir la culture cosaque

Cette petite "conférence" fut pour moi l'occasion une fois de plus de partager la culture des mes ancêtres (des Cosaques Bashkirs), et ainsi de la préserver, dans l'esprit du dicton de mon Ami cosaque et djiguite Pierre Pakhomoff : "ce qui ne se donne pas, se perd."