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samedi 17 septembre 2011

Les "3 trésors" ou les 3 types d'arbres à connaitre en forêt boréale pour survivre

 ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 17 septembre 2011
 
Les "3 trésors", ou les 3 types d'arbres à connaitre en forêt

On dit chez moi dans la tradition bashkir qu'il y a 3 arbres (ou plutôt 3 groupements d'arbres) qu'il faut connaitre pour savoir et surtout pouvoir survivre en forêt boréale:

-les conifères (on cite volontiers les pins et mélèzes)
-le bouleau (on préfèrera le bouleau à papier)
-le saule (tout type de saule...)

On les appelle les "3 trésors" selon la tradition bashkir (je rappelle que je suis d'origine cosaque, des bashkirs cosaquisés) parce que connaitre ces arbres vous assure d'avoir suffisamment de ressources pour survivre en forêt: alimentation, pharmacopée, construction, feu...


Les conifères

Servant de bois de chauffe et de construction, ils ont de multiples utilités:

-utilisation pour le feu par friction ( peu pratiqué en réalité par chez moi, dans l'Oural. On lui préfère la percussion)

-utilisation en alimentation: les racines à commencer, même valeur nutritionnel que le céleri (glucides notamment), le cambium (la partie vivante sous l'écorce) servait à mélanger avec de la farine classique,et les pignons (bien que petits...) apportent aussi une source alimentaire non négligeable (environ 680Kcal au 100gr, qui dit mieux?)! Enfin, les bourgeons et la sèves servaient à faire des "douceurs" et les aiguilles peuvent être utilisées pour faire une infusion et en extraire ainsi la vitamine C (pas d'ébullition, la vitamine C ne supporte pas les fortes températures!)

-utilisation en pharmacopée: les tanins des écorces en décoction pour lutter contre les diarrhées, les aiguilles en infusion pour lutter contre les infections de la gorge et le scorbuts, la sève pour désinfecter et cicatriser les petites plaies.

-utilisation diverses: parfois, les écorces étaient utilisées pour tanner des peaux. Le procéder de fumage lui était cependant largement préféré. Les jeunes branches souples servaient parfois à faire des cadres pour tendre les peaux, ou les rameaux à fabriquer des balais. On faisait également de la colle mastique avec la sève, en mélangeant charbon/sève/graisse.


Le bouleau

Servant de bois de chauffe et de construction également, il a de multiples utilisations:

-utilisation pour le feu: son plus grand trésor! Son écorce saturé en huile, est un bon combustible pour le feu, même humide. Son papier très fin est un excellent initiateur!

-utilisation en alimentation: On récolte sa légendaire "eau de bouleau" à la fonte des neiges lors des premières montées de sève. Diurétique à forte dose, mais très sucrée, on lui porte des propriétés nettoyantes de l'organisme. Les jeunes feuilles se consomment également, à petites doses car diurétiques également. Le cambium était utilisé en situation de famille pour faire de la farine.

-utilisation en pharmacopée: La pélicule de la mue de bouleau (le papier très fin) est utilisée pour faire des pansements (combinés à la sève antiseptique d'un conifère par exemple). L'eau de bouleau est utilisée après une indigestion pour éliminer le "mauvais". La cendre de bouleau est utilisée chez nous pour faire du savon et laver le linge.

-utilisation diverses: les écorces étaient utilisées fabriquer des canots, des boites, de la colle et j'en passe!


Le saule

Présent partout où il y a de l'eau, il figure parmi les arbres à connaitre également, 3eme compère des 3 trésors ouraliens:

-utilisation pour l'eau: là où il pousse, de l'eau tu trouveras...

-utilisation en alimentation: Le cambium était utilisé en situation de famine pour faire de la farine.

-utilisation en pharmacopée: Possédant les mêmes propriétés que l'aspirine, on utilisait les feuilles pour faire baisser la fièvre en infusion, pour lutter contre la douleur. Un ancien bashkir m'avait expliqué qu'il mâchait deux à trois feuilles en même temps pour avoir de la mousse en bouche, et calmer ainsi ses maux de dents! Il recrachait les restes de feuilles ensuite. (Attention: fluidifiant du sang, à ne pas utiliser en cas d’hémorragie). On utilisait aussi l'écorce à cet effet, en décoction.

-utilisation diverses: On fabrique tout un tas de truc avec le saule, grâce à sa flexibilité (vannerie, nasses, canne à pêche, déclencheur, raquette de survie aussi parfois..). Ses écorces sont parfois utilisées pour faire du cordage. Les feules "argentées" sont utilisées pour confectionner des leurres pour la pêche.


Voilà, je vous ai fait un topo sur ces 3 trésors, entrainez vous à les reconnaitre et à vous en servir!Sait on jamais, pourraient ils vous aider à préserver votre trésor le plus précieux: Votre vie! 

Amical partage, John C

jeudi 1 septembre 2011

Abri de survie : le nid d'aigle

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 01 septembre 2011 - EDIT décembre 2013

Dans la série des abris de fortune utilisés dans la culture cosaque "vie sauvage", je vous présente aujourd'hui le nid d'aigle. 

 Nid d'aigle cosaque sur la ligne du Caucase en 1915


Il se compose de 3 éléments :

-un tas de branchages posés en vrac(le seul élément indispensable!)
-une peau de mouton (en tapis de sol)
-une cape ou couverture en laine (pour se couvrir la nuit ou se protéger de la pluie)

Temps de construction : 15min environ pour 1 personne

Avantages : Rapide à construire sans matériel. Côtés ouverts et en hauteur pour la surveillance. Peut être très discret en milieu forestier. Permet d'avoir les pieds au sec dans les zones humides.

Inconvénients : Coté et toit ouverts. Ne retient pas la chaleur.

Il s'agit d'une paillasse (ou plateforme) posée entre les arbres afin d'avoir les pieds au sec. Originellement, il est utilisé dans les zones humides nommées "champs sauvages autrefois par les cosaques, c'est à dire les marais des rivières et fleuves du Sud de l'actuelle Russie. Par la suite, il fut utilisé comme poste d'affût et tour de garde de fortune. Les anciens disent d'après la tradition orale que cet abri trouve son origine dans les laissés en bois flottés des crues, d'autres disent que l'idée de faire un tel abri est venue de l'observation des grands oiseaux de cette région, notamment les aigles...


Le nid d'aigle est très simple à construire : ensemble de branchages entrelacés et déposés en force entre les arbres ou leurs branches. On commence par un ensemble en "étoile" de gros branchages, pour aller progressivement vers du bois de plus en plus petits. Le tout se tassant, fait office de paillasse. On peut y mettre des feuillages et herbages à convenance.

L'idéal est de le mettre en hauteur. Plus il sera haut, plus il sera discret sous la canopée. Et meilleure sera la vue!

Le nid étant épais, peu de convection par dessous. L'ensemble de branchages emprisonne de l'air...

L'oiseau est dans le nid! Pour une meilleure isolation et protection contre les éléments, il est possible de monter un toit avec une bâche ou autre, mais on perd un peu de la visibilité et la discrétion. Traditionnellement, le cosaque usait de son tapis de selle (feutre, peau de mouton) pour s'asseoir, d'une couverture en laine pour se couvrir et/ou de la cape cosaque pour s'abriter de la pluie!



vendredi 1 octobre 2010

De la question du Sistema comme Art martial cosaque?

 ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 01 octobre 2010

De la question du Sistema comme Art martial des cosaques : Dans le monde des arts martiaux et sports de combat, il y a UNE discipline en particulier qui se réclame de l'héritage martial officiel des cosaques de nos jours, il s'agit du sistema (écrit aussi systema), un art martial russe se réclamant d'être l'art martial russe authentique d'un coté, et de l'autre comme étant le système de formation des forces spéciales soviétiques puis russes et par extension cosaques. 

Historiquement parlant, le sistema a été confectionné à partir de divers savoirs dont les influences extrêmes orientales sont aisées à déceler pour un connaisseur averti, à l'image du sambo qui plonge ses racines dans le Judo japonais du Maitre Jigoro Kano avant de s'enrichir des divers savoirs de luttes traditionnelles des différents pays formant l'URSS. Concernant l'influence potentiellement cosaque, il est vrai que le sistema inclue quelques savoirs et techniques vaguement d'origines cosaques, pensons au maniement du shashka ou du nagaïka pour ne citer que ceux là.

Pourtant, rien dans la genèse de cet art permet de remonter leur filiation jusqu'aux arts martiaux traditionnels cosaques. Mais d'où viennent alors ces techniques cosaques?

Après la guerre civile puis, la loi de décosaquisation sous Staline, de nombreux cosaques avaient soit péri, soit fuit vers d'autres horizons en exile. Peu à peu la Russie se vida de ses Cosaques (au sens propre du terme) pour laisser place aux soviétiques. Puis, suite à des besoins militaires et stratégiques dans les années 1940-1942, Staline remonta de toutes pièces des escadrons de cavalerie cosaques : C'est ce qu'on appelle les cosaques de Staline ou cosaques soviétiques. Ceux ci furent affublés de tenues et d'équipement cosaques mais éduqués à la manière soviétique avec tout ce que cela comporte. Parmi eux, bien entendu, figuraient des descendants de cosaques, mais qui en une génération depuis 1917-1920, avaient perdu grand nombre de leurs savoirs martiaux. Ceux ci saisir la belle occasion de nouveau de "revivre", même au prix du formatage soviétique (et qui pourrait les blâmer?). Plus de 75 années plus tard, l'éclatement de l'URSS marque la fin du soviétisme et favorise le renouveau cosaque, lancé en grande partie par ces héritiers de la cosaquerie soviétique, mais dont profiterons également les restes de l'ancienne cosaquerie, reconnaissons le. En parallèle, le sistema apparaît aux yeux du grand public un peu à la même époque.

Si cette discipline peut se réclamer d'une chose au sujet de la question cosaque, peut être s'agit il du lien avec ces cosaques soviétiques. Pour comprendre ce lien, prenons en considération qu'après la fin de l'ère soviétique, un nouveau pays émergea (la Fédération du Russie), et tentant de se relever d'une triste période. De nombreuses personnes pour survivre se lancèrent alors dans de diverses domaines, notamment dans la formation paramilitaire et le mercenariat, la vente d'armes et même les arts martiaux en profitant de la réputation des armes et guerriers "made in sovietica" dans l'optique bien entendu de ramener le plus d'argent possible. Basé sur le principe que le silence des soixante-quinze années soviétiques permit au final de réécrire l'histoire à qui le voulait pour en tirer profit, de nombreuses structures apparurent dans les années 1992 à 2000. 


Le sistema public notamment est une apparition de ces époques, mêlant pour le coup diverses influences martiales et reposant sur l'aspect "vrai combat des forces spéciales" vendeur et combiné à des savoirs ancestraux pour légitimer son existence ancienne aux yeux de tous. Il faut cependant reconnaitre que la récupération "de savoirs dits ancestraux" actuellement dans bien des arts martiaux n'est qu'une manoeuvre de propagande nationaliste pour attirer encore plus de "clients martiaux" potentiels dans un pays qui après 75 années de soviétisme recherchait ses marques, le cocktail (oserai-je dire Molotoff?) du paramilitaire et du nationalisme étant une manière aussi de reconquérir une jeunesse désillusionnée. Les cosaques soviétiques, n'ayant connu que celà à l'Est, et ne possédant pas d'autres repères, gardèrent donc les systèmes de formation militaires soviétiques (renommé systema pour le grand public!) comme étant leur art martial cosaque...

En conclusion, Il est donc correct de dire que le sistema comporte quelques éléments de cosaquerie martiale (ceux de l'ex-armée de cosaques soviétiques notamment), mais il est erroné de penser que c'est LE seul et surtout AUTHENTIQUE Art martial cosaque.
Ce qui est enseigné dans notre ecole n'est donc en aucun cas du sistema ou tout autre art martial ou sport de combat d'origine russe. Ce sont les véritables arts martiaux traditionnels des Cosaques. Notons toutefois que le sistema a servi de base d'entrainement martial à certains groupements cosaques modernes en recherche d'un système efficace, pensons aux cosaques de Sibérie par exemple (siberian cossack sistema) et en ont adapté le programme à leurs besoins...

Les arts martiaux cosaques : une longue existence dans l'histoire de l'Empire russe et au delà!

Ce qui a fait la renommée guerrière de nos peuplades, c'est précisément notre maestria martiale à pied, en cavalier et sur mer...Avant-gardiste, les cosaques furent parmi les premiers à développer des procédures de récupérations de blessés au combat. Parmi les premiers à porter une grande attention aux secours opérationnels. parmi les premiers à codifier le métier de garde du corps (pensons notamment au corps de garde impériale, exclusivement composé de cosaques!). Les stratagèmes et tactiques utilisaient autrefois par les troupes de choc cosaques, nommées plastounes sont à l'heure actuelle redécouvertes, voir utilisées dans les forces spéciales du monde entier, notamment en matière de guérilla, de harcèlement ou de guerre psychologique...Et j'en passe...Si nous prenons en compte notre ethnogenèse, de l'histoire des protocosaques aux cosaques d'avant la guerre civile russe jusqu'à nos jours : les arts martiaux cosaques ont près de 1200 ans d'histoire, soit bien avant l'ère soviétique et l'existence même du sistema

Manuel des formations de la garde impériale cosaque. Codification martiale de 1891 sur la base du manuel des cosaques d'Orenbourg de 1830. Ici, instruction au sabre shashka.
Extrait du manuel de formation martiale cosaque de 1891. Les cosaques faisaient grand cas de la préparation physique et notamment de la gymnastique. La gymnastique mondiale héritera de certaines "figures", comme l'équilibre cosaque, le squat cosaque voir même du travail au cheval d’arçon!

Carte postale éditée en France vers les années 1900. Elle montre des cosaques du Don à l'entrainement au sabre. Très vite, à l'image des japonais avec le Kendo, les cosaques firent usage de protections pour permettre les assauts libres sans blesser irrémédiablement le partenaire...

Cosaques du Don à l'entrainement au sabre sashka fin 20eme siècle. La configuration de pratique n'est sans rappeller celle des arts martiaux asiatiques...

Années 1899. Instruction au sabre sashka pour ces nouvelles recrues venant rejoindre les cosaques!

Pour ceux et celle souhaitant connaitre les authentiques arts martiaux cosaques, 2 sites de référence :

http://dikoepole.com/ LE site de référence sur la culture traditionnelle cosaque, dont les arts martiaux sont un pilier. (Vous m'y retrouverez d'ailleurs...bannière de mon école d'arts martiaux cosaques et bannière de mon école de survie en lien notamment...)

Et ma modeste école, unique représentant officiel actuellement des arts martiaux cosaques en France dans la lignée traditionnelle et authentique de nos savoirs martiaux : http://cossacksmartialart.jimdo.com/


 Une pensée à mes Anciens...

mercredi 16 décembre 2009

A l'école des éclaireurs pisteurs cosaques!

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 16 décembre 2009

A l'école des éclaireurs pisteurs cosaques!

Parmi les sciences guerrières de la culture cosaque, l'une des plus pointues et intéressantes mais pas la plus connue est incontestablement la science du pistage. En effet, les cosaques ont toujours eu une très bonne réputation d'éclaireurs, et parmi ceux ci, quelques uns(1) furent d'excellents pisteurs, notamment dans pour la chasse ou pour contrôler la ligne du front du Caucase en leur temps. Dans ce petit article, nous allons passer en revue l'origine et les spécificités des traditions d'éclaireurs pisteurs cosaques en passionné du pistage que je suis (exercant moi-même le métier et ayant eu contact avec d'autres traditions dans le domaine, dont japonaises).


Une brève histoire des cosaques

La tradition du pisteur en cosaquerie remonte à des temps immémoriaux (non en faite(2), pas si loin que ça : dans les environs du 15eme siècle!) suite à l’ethnogenèse des peuplades cosaques. Ces dernières trouvent leur origine dans les descendants des varègues, vikings descendus par les fleuves et rivières s'étant installés des comptoirs commerciaux en Ukraine, et dans le Sud de la Russie au cours du 8eme et 9eme siècle. Avec le temps, ils se sont métissés aux locaux, principalement des tatars, et donneront ce qu'on appelle des proto-cosaques. Par la suite, ils seront rejoins par une multitude d'esclaves fuyant le servage, et des diverses peuplades nomades avides de liberté. On distinguera alors 4 grands créations de "peuplades" spontanées : Les cosaques du sud de l'Ukraine (futurs cosaques zaporogues), les cosaques du Don, les cosaques du Terek et les cosaques de l'Oural. Ces sont ces mêmes peuplades qui donneront naissances bien plus tard aux  futures armées peuples de l'Armée impériale russe si bien connue en occident! L'ensemble des savoirs de vie sur le terrain de ces peuplades métissées est à l'origine même de la science du pistage chez les cosaques. C'est bien entendu très raccourci, l'histoire d'un peuple ne pouvant reposer sur quelques lignes...


Territoires cosaques en 1914

Le cosaque est un Homme de la Nature : Le pistage de chasse

Héritiers des nombreuses peuplades ancestrales les composant, le pistage est de manière générale une discipline pratiquée par tout bon cosaque digne de ce nom, le cosaque étant avant tout autre chose un Homme de la Nature. C'est donc tout petit que le jeune cosaque partant régulièrement à la chasse avec sa famille (pour subvenir à leurs besoins alimentaire), débute son apprentissage du pistage : dénicher les lieux de vie des animaux, savoir qui ils sont et comment ils vivent (habitude de lever et de coucher, lieux de gagnage, comportement type etc...) pour les piéger (héritage des savoirs ancestraux des peuplades de L'Oural comme les Bashkirs, ou de Sibérie), ou les tirer au fusil le cas échéant.


Partie de chasse au cervidé au Kouban, début 20eme siècle

Cette première approche simpliste permet à l'enfant de prendre conscience de son environnement, d'éveiller ses sens (et pas seulement la vue!), tout en commençant à se mouvoir discrètement dans la nature (l'invisibilité est aussi et surtout une question d'état d'esprit...Nous développerons ce sujet prochainement). Ce pistage dans le cadre de la chasse de survie est propre à quasiment toutes les peuplades cosaques, mais les experts en la matière restent incontestablement les anciens cosaques de Sibérie, qui servaient en leur temps de trappeurs pour la couronne impériale en rapportant de  nombreuses fourrures précieuses (hermines, zibelines, castors, loups, renards...). Fait remarquable, notons que plus tard, ces mêmes trappeurs serviront de gardes de parcs naturels en luttant et en traquant les braconniers! C'est d'ailleurs un fait d'actualité(3) en Sibérie orientale présentement. Notons également qu'au cours du 19ème siècle, les cosaques étaient de toutes les expéditions en Sibérie, dans le cadre de recherches naturalistes ou ethnologues, avec des chercheurs français(4) en autre!


Le pistage est à l'origine destiné à la traque animale : trouver des indices de passage pour remonter les pistes jusqu'à la cible.

Dans le cadre de la chasse au fusil, les jeunes apprenaient également à pister au sang, c'est à dire à traquer un animal qu'ils ont tiré (et qui n'est pas mort sur le coup) afin de le ramener au camp pour le conditionner (dépeçage propre pour préserver la peau, vidage, découpe de la viande, récupération des matériaux intéressants tels que les tendons et autres...). Le pistage au sang, outre de suivre les traces d'un animal blessé, fait appel à une capacité psychologique très importante de la discipline, celle de l'empathie, c'est à dire à ressentir ce que l'animal ressent pour se mettre dans sa "peau", comprendre comme il raisonne pour savoir précisément comment  il se déplace, où il va, afin le retrouver efficacement... Par ailleurs,  lors de ces chasses sur d'immenses territoires, l'accent était également mis sur la faculté de l'enfant à retrouver ses pas, pour revenir au camp ou au village, prémisse à l'apprentissage de la traque humaine. 

Le pistage avec chien est assez rare chez les cosaques. Traditionnellement, ce sont surtout les cosaques du Don qui procédaient (procèdent encore) aux battus avec le lévrier barzoï. Ils traquaient principalement le lièvre, mais aussi parfois le loup qui s'attaquaient aux troupeaux.


Retrouver les chevaux

Héritiés de plusieurs coutumes des peuplades nomades (kalmouks, tatares et autres...), les cosaques faisaient grand cas de la capacité à pister les chevaux, pour les retrouver lorsqu'ils fuguaient notamment. C'est ainsi que dès son plus jeune âge, le petit cosaque se devait d'apprendre à traquer un ou plusieurs chevaux, souvent les siens lorsqu'il les gardait dans la steppe et que ceux ci se dérobaient à sa vigilance. Il apprenait ainsi à différencier les différents pas et allures ou bien  les types de ferrure, pour retrouver précisément LE ou LES chevaux fugueurs! Et par la suite en grandissant, il lui était facile de traquer des ennemis à cheval s'infiltrant sur le territoire...

Un "jeune cosaque d'honneur" apprenti pisteur traque des chevaux fugitif. 


De la tradition à la science du pistage au combat : l'Art des éclaireurs pisteurs

Forts de ces habitudes énoncées précédemment (et sans oublier la culture martiale cosaques!), les cosaques à travers le temps ont toujours eu une excellente réputation d'éclaireurs : ils savaient se mouvoir rapidement, trouver et identifier une cible, l'observer, la traquer dans la durée. Dans l'imaginaire du commun des mortels, le cosaque est indissociable du cheval et on pense systématique le cosaque sur son cheval. Pourtant, ce n'était pas le cas : Le cosaque pisteur était aussi bien un éclaireur à pied qu'à cheval. Et  ce furent les cosaques du Kouban et du Terek, qui faisaient grand usage de l'infanterie cosaque (dite de "cosaques à pied") et en particulier de troupes de chocs nommées Plastounes (du russe пластун - plastun : "celui qui rampe").


Groupe d'éclaireurs cosaques (dessin de L.E.Dmitriev 1887)

Section d'éclaireurs plastounes du 1er bataillon de plastounes du Kouban sur la ligne de défense du Caucase. (Anonyme. 1877). Ces cosaques devaient patrouiller discrètement, déceler l'ennemi présent ou passé...


C'est certainement parmi ces plastounes qu'on trouvait les meilleurs spécialistes dans la traque humaine : Ils devaient être les yeux et les oreilles de l'armée, dénicher l'ennemi où il se cachaient,  le harceler, abattre ses têtes (les cosaques du Caucase faisaient grand cas du tir de précision et du pistage des tireurs isolés dans la lutte anti-sniping). C'est cette dimension particulière du pistage, véritable voie de l'excellence qui fait école via la tradition orale de nos jours bien que quelque peu oublié au détriment du simple pistage animalier... Et pourtant, c'était là que le pisteur cosaque gagnait véritablement ses lettres de noblesse, le pistage humain étant la traque la plus difficile à mener  (et la plus captivante en soi!). Celle ci demande des qualités physiques, intellectuelles et psychologiques exceptionnelles, pour ne pas dire rares, et il faut beaucoup de talent et de temps, pour maitriser et appliquer cette science si compliquée (aussi complexe que peut être l'Homme lui même). D'où le fait qu'il y ait si peu d'éclaireur pisteur au sens noble du terme actuellement. Au delà du simple acte de pister un humain, cette discipline  fait entrer son adepte dans un tout autre univers, où la perception de chaque chose, des phénomènes de cause à effet, et de l'Autre ouvrent des portes sur la compréhension même du monde qui nous entoure et de ses moindres aspects...

Dans un prochain article, nous verrons en détails l'apprentissage traditionnel du pistage animalier chez les cosaques (type d'animaux traqués, techniques à proprement parlées etc...), en particulier les savoirs des cosaques trappeurs en Sibérie.





Notes :

(1) : Ceci dit, point important,  tous les cosaques ne sont pas pisteurs. Et tous les pisteurs ne sont pas cosaques! Voilà une réalité importante à prendre en compte! Il existe à travers le monde plusieurs grandes traditions de pisteur (parlons davantage d'éclaireur pisteur). La tradition cosaque en est une (les autres feront l’objet d'un prochain article), se concentrant particulièrement sur l'excellence de la discipline, c'est à dire la traque humaine, science complète maitrisée seulement par une petite poignée...

(2) : Pour se faire valoir, de nombreux arts et traditions se prévalent d'une longue et ancien transmission...c'est traditionnel dans le monde des arts martiaux par exemple...La tradition des éclaireurs pisteurs cosaques actuelle est le résultat d'une longue genèse, d'un processus de maturation qui durera plusieurs siècles jusqu'à aboutir au début du 20eme siècle au sein d'une élite restreinte (dixit : tous les cosaques ne sont pas pisteurs), d'où sa faible diffusion. 

(3) : http://www.liberation.fr/monde/0101146863-aux-portes-de-la-siberie-les-cosaques-veillentressuscitee-en-1991-l-armee-cosaque-tente-de-contrer-l-immigration-clandestine-chinoise Une partie parle de la défense de zone protégée. Dans de nombreux endroits de la Russie, les cosaques sont actuellement employés comme gardiens de zones protégées et participent à la lutte anti-braconnage.

(4) : au sujet des cosaques dans les expéditions lisez pour référence, "voyage en Sibérie" volume 1 et 2. Expéditions menées par un spécialiste français, accompagnés par des cosaques...

mercredi 25 mars 2009

Le mot COSAQUE

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 25 mars 2009



Le nom de cosaque est de par le monde connu, et reconnu comme étant celui d'un groupe de guerrier milicien au service de l'Empire russe tsariste...Pourtant, peu de gens connaissent l'essence même du mot et ses origines(1)...

La première mention officielle écrite du terme de "cosaque" (dit "kazak" en russe, du cyrillique казак ) se trouve aux alentours du 12ième et 13ième siècle. Il apparait dans la première version d'un dictionnaire établi par les religieux chrétiens (dictionnaire de la langue des Polovtsis) de 1303, ainsi que dans le « Codex Cumanicus ». Il signifie alors « garde », « sentinelle ». 

Au 16eme siècle, en Pologne et Ukraine (l'Ukraine, berceau des premières communautés cosaques descendantes du métissage varègues et tatars), il est dit que le terme cosaque provient du mot  "Kosa" signifiant chèvre. Vivant dans la zone des cataractes (des grandes cascades) en Zaporojie, il était dit que les cosaques sautaient de rochers en rochers tels des cabris avec grâce et équilibre. De là serait né le mot Cosaque...

Dans le dictionnaire de la langue turque de l'érudit russe Radlow, le mot « cosaque » prend le sens d' « homme libre, indépendant, nomade ». Le terme de qazaq en turque signifierait "fuyard"  car il désigne un fugitif, un homme qui a rompu avec son groupe d'origine. Toujours en langue turque, en dialecte Kazakh, le terme qazaq désignerait, une veste légère de cavalier. Ce mot a donné en français "casaque".

En mongol, et ce dès le 13ième siècle sous Gengis Khan, le terme de cosaque (dit Kazakh) désignent des fuyards de l'empire gengis khanides, " des guerriers à chevals" se regroupant au Nord de l'actuel Kazakhstan et du Sud de la Russie.

En tatar (qui n'est autre qu'un dialecte turc), le terme de Kazak(2) signifie "guerrier léger" (peut être au sens de libre, ou de "sans armure"). Militairement parlant, le Kazak en tatar désigne un cavalier éclairseur. Les tatars seront d'ailleurs (pour ceux non éradiqués par Gengis Khan...) employés comme éclaireurs de son armée, tant ils excellaient dans ce domaine. C'est un très qu'on retrouva bien plus tard dans la cavalerie cosaque...

La conjugaison de l'ensemble de ces définitions est intéressante : le cosaque est alors un homme ayant fui (à cheval) le joug des empires, pour vivre librement en nomade. Une idée intéressante quand on sait que les premières communautés cosaques se sont construire dans les champs sauvages, terres délaissées par les grands empires, où les hommes pouvaient vivre librement...
 
COSAQUE : HOMME LIBRE

 

Notes :

(1) : De nos jours, tous les spécialistes ne sont pas d'accord sur l'origine même du peuple cosaque, et du terme même de cosaque. Il existe à ma connaissance plus de 10 définitions différentes...

(2) Bien que souvent confondu en raison de la consonance identique qu'ont les cosaques en russe (dit kazak) et le peuple nomade des Kazakh du Kazakhstan, ce ne sont (en théorie) pas les mêmes peuples. Pourtant, bien des éléments confondent les deux du terme kharakternik qui trouve une traduction aussi bien en Kazakh qu'en russe ou Ukrainien, au terme Kazak (cosaque) lui même trouvant de multiples mais proches traductions dans les différents dialectes turco-mongols. Pensons également à l'art de l'équitation guerrier, qui a été véhiculé par les hordes nomades de l'extrême Est à l'Ouest jusque dans le Caucase...certainement d'ailleurs par des fuyards souhaitant vivre librement ailleurs!

lundi 1 décembre 2008

Le Rog, ou la corne à boire chez les cosaques

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 01 décembre 2008

Le rogue est un récipient fait d'une corne dans lequel on boit et qui est largement répandue à travers le monde dans différentes cultures. 

Le Rogue (Рог : "rog" en russe)

Quand on étudie l'origine des cosaques, une peuplade revient souvent en considération : les Varègues, peuplades de Scandinavie (c'est à dire aux "vikings" en provenance des royaumes scandinaves dont certaines peuplades comme les "Rus"seront les fondateurs des premiers villes qui deviendront les bases de la future  Russie). A ce titre, de nombreux éléments culturels varègues mêmes font à présent partie de la culture cosaque, le Rog (ou rogue en français) en est un parfait exemple!

Cependant, l'origine de cette corne à boire dans la culture cosaque est assez contestée par les spécialistes : certains l'attribuent aux varègues comme expliqué ci dessus, tandis que d'autres l'attribuent aux scythes, peuplades nomades des steppes. En effet, ces deux civilisations faisaient usage des cornes à boire dans leur culture et les deux ont profondément marquées les régions qui virent naitre bien plus tard la culture cosaque...

Le rogue cosaque (Pièce de ma collection personnelle datant de 1974)

Pour les cosaques, cette corne à boire était traditionnellement utilisée pour les grandes occasions comme les fêtes, les mariages, les cérémonies religieuses ou autres. Cette coutume commença à se perdre lorsque la religion orthodoxe devient omniprésente chez les cosaques car l'église considérait cette coutume et l'usage de la corne à boire comme des restes de la culture païenne et était inappropriée à des "chevaliers orthodoxes". Plus tard, les 75 années de bolchévisme interdisant ne nombreuses pratiques dans des cultures diverses, la perte de l'usage traditionnel du rogue pour boire. De nos jours, l'usage du rogue est donc devenu rare mais pas complètement oubliés par les plus traditionalistes et fidèles à la culture cosaque d'entre nous!

Le rogue était "taillé" dans une belle corne assez grosse et profonde (environ 30 à 50cl en moyenne) sur lequel est ajusté des pièces en métal finement ciselées et sertie dans la corne elle même. Tout type de corne étaient utilisées dont principalement celles des bovidés, bœufs ou buffles.

Vue de la "bouche" du rogue

Sur la corne, on retrouve le plus souvent des ciselures de feuilles de métal (le métal utilisé varie, mais la plus part du temps il s'agit d'un alliage de cuivre et de zinc, le laiton, voir d'argent). Les motifs les plus fréquents dans la culture cosaque sont des ornements floraux, des représentations de gibiers d'eau (cygne, canard, oie...) ou d'oiseaux coureurs (faisans...), éléments omniprésents dans les zones d'habitation des groupements cosaques d'antan, c'est à dire autour des grands fleuves et des zones marécageuses dénommés autrefois "champs sauvages".

Le rogue est composé en général de 3 parties (+ 1 plus rare):

-le fût de la corne
-la pointe de corne qui est généralement recouverte d'un ouvrage en métal ciselé et sertie
-La partie de bouche qui est également recouverte d'une ciselure.

-parfois une chainette qui est plus rare par contre et qui permettait de l'attacher au sac ou à la ceinture.

Ciselure traditionnelle cosaque représentant de la végétation.

Tête d'un faisan, gibier courant en terres cosaques...

Quelques mots au sujet de l'alcool en Cosaquerie

Avant même la large diffusion de la vodka (водка : "petite eau" / alcool traditionnel russe) au 18ième siècle, la boisson traditionnelle cosaque (et russe également) était l'hydromel, nommée "Medovoukha" (Медовуха en russe) et le Kvas (bière de pain de seigle) qui est d'ailleurs la véritable boisson nationale russe. 

Le Medovoukha est une boisson alcoolisée à base d'eau, de miel et de ferments (levures). Aujourd'hui encore, le Medovoukha fait partie des boissons traditionnelles de la gastronomie russe, bien que plus rare sur les tables car très largement remplacée par la vodka plus rapide à produire et moins difficile. Le terme russe de Medovoukha trouverait son origine du mot indo-européen (probablement scythe) "meddhe" qui veut dire miel. Les cosaques d'ailleurs, étaient des grands amateurs de miel (tradition venue des Bashkirs peuplant en nombre leurs rangs) et en produisait dès le 18ième siècle dans leurs fermettes dans la région du Don notamment!

Quant au Kvas, il s'agit d'une bière faite à partir de pain de seigle fermentée, peu alcoolisée et au goût subtile. Il était très répandue également avant la l'apparition de la vodka...

Notons également que les cosaques du Don produisaient du vin et possédaient un vignoble de renom.

Les cosaques, buveurs invétérés? 

Une idée reçue sur les cosaques est leur soif impondérée d'alcool En effet, les cosaques ont tous une réputation de gros buveurs. Pourtant, ce n'était pas le cas. Ce sont les cosaques zaporogues(bons vivants...) ainsi que les cosaques du Don (majoritairement issue de serfs russes) qui ont colporté cette image en Occident, notamment avec l'arrivée de l'armée russe sur Paris en 1814. L'alcool étant formellement interdit en service, les resquilleurs allaient dans les bars parisiennes en demandant vite fait bien fait un petit coup à boire, ce qui donnera naissance à l'expression "Bistro parisien", le terme de Bistro dérivant de "bristra"!", soit "vite!" en Russe..Les livres populaires de Tolstoï ou de Gogol contribuèrent également à donner aux cosaques cette réputation d'ivrogne...

En contre exemple, les cosaques de l'Oural sont réputés pour ne pas boire du tout (pour des raisons religieuses, venant des vieux croyants), et ceux d'Orenbourg pour limiter la consommation d'alcool à des produits ayant moins de 3% en volume pour "garder un état d'esprit vigilant"... Au sein de mon peuple, des Bashkirs cosaquisé, les seuls alcools qu'il y avait, étaient le Koumys (lait de jument fermenté, très peu alcoolisé) et une sorte d'hydromel, parfois mélangé au koumys. De par leur religion mahométane, les Bashkirs ne buvaient que très peu et uniquement des alcools peu forts.

lundi 31 décembre 2007

Les Ichmoukametoff, une famille de Bashkir chez les Cosaques



J'ai la chance d'être né au carrefour de plusieurs cultures. Que ce soit du côté paternel originaire de Hongrie (une famille de Magyars descendants Hunniques), ou du côté maternel originaire de Russie, tous venaient d'une culture différente. Mais celle qui m'a le plus marquée et imprégnée, qui me faisait rêver, c'était ma culture d'origine maternelle, celle des Cosaques et de mes ancêtres semi-nomades Bashkirs. 

La culture cosaque est une culture profonde au combien riche, vraiment proche de la nature (en partie dû à l'héritage des peuples nomades l'ayant composé, comme l'a fait ma famille bashkir), et aux multiples facettes, mais méconnue. J'ai donc eu à cœur ces quelques dix dernières années d'aller à la rencontre des Anciens de mon peuple, d'apprendre avec eux, et de rassembler ce savoir de vile savoir traditionnel tant en matière de vie sauvage qu'en art martial pour le préserver et le transmettre à nos nouvelles générations, en fervent représentant du peuple cosaque.  A présent, je suis officiellement, je suis la 7eme génération de cosaque dans la famille Ichmoukametoff...Voici notre histoire:

Ишмухаметов

Ishmukhametov

Ichmoukametoff

Autrefois, il y a plus de 350 ans, ma famille descendait des ISHMUKHAMET, une illustre famille Bashkir (des "Batyr et Morza", autrement dit des nobles "chevaliers" Bashkirs) et régnait sur une grande partie de la zone ouralienne à l'Ouest jusqu'au plaine du Kazakshan au Sud et à la porte de la sibérie à l'Est à partir d'un fief nommé également suyundyukovo, puis Ishmukhametovo situé dan L'Oural à la porte du Kazakhstan non loin d'Orenburg. Ils appartenait alors à la tribu des Bashkirs des steppes TUNGAUR du clan SUYUN, qui vouaient une partie de leur existence à l’élevage des troupeaux (Chevaux, chameaux, chèvres, moutons...) et à la protection d'un tronçon commerciale remontant de la route de la soie.

Une fois russifié (certainement au cours du 19eme siècle), le nom de ma famille devint Ishmukhametov, et leur ville prit le nom de Ishmukhametova (nouvelle ville fondée fin 19e siècle, à 50km de l'ancien village) durant la période soviétique. Cette ville actuellement en république de Bashkirie existe encore de nos jours.




Cavaliers Bashkirs (gravure du 19ieme siècle à titre d'illustration, n'ayant point d'image de cette époque...). Le premier bashkir a être devenu cosaque de ma famille se nommait Bulyak Ishmukhametov.  C'était l'arrière grand père de mon propre arrière grand Père Artem. Il était membre du régiment bashkir que ma famille gérait. Sur volonté politique, l'Empereur souhaitait supprimer l'autonomie de ces régiments indigènes et les regroupa dans les régiments cosaques de la région. Né dans la région de l'Oural Occidentale à Suyundukovo (village bashkir) et au commandement de son régiment de Bashkirs, il fut alors par Oukaz impérial du 08 aout 1812, nommé au rang d'Officier de l'Armée impériale de Russie et son régiment devint un régiment de Cosaques: http://www.gasrb.ru/barchd979.html En échange du rang d'officier chez les cosaques dans l'Armée, il cédait son rang de noblesse. Donner un rang d'officier au sein de l'armée impériale russe était une habile manière de la Russie impériale de se rattacher fidèlement les communautés nomades...Avant cela, les Bashkirs formaient depuis 200 ans des régiments spéciaux à part, que chaque noble du peuple avaient pour devoir de fournir à la couronne impériale.C'est ainsi que ma famille ont rejoins les rangs des Cosaques!


En ethnologie russe, il existait deux grands groupes ethniques de nomades: Les Tatars et les Kirghizs. Les russes mettaient dans ces "paniers" un peu tout ce qui montait à cheval et était turco-mongol... Dans les grands groupes des Tatars, se trouvaient les Bashkirs. Ci dessous, un PDF regroupant l'intégralité des familles "tatars" (sous entendu ce "grand panier") dont ma famille les Ishmukhametov (Ишмухаметов) page 258:http://www.cossackdom.com/book/nazarov_uralkazak.pdf
Il y avait des cosaques de la famille  Ishmukhametov partout en Russie, de l'Oural jusqu'en Yakoutie (le frère de mon arrière grand père y fut envoyé dans un corps de policier cosaque...)


Artem A. Ichmoukametoff dans les années 1905 en Russie, en tenue de ville. Mon arrière grand père en ces temps là servait comme officier au 2ième cosaque d'Orenburg. Artem est né le 1er septembre 1880 à Orenburg d'un Père officier cosaque, 4eme cosaque de la famille. Il est décédé en 1946 en Normandie en France. Dans ma famille, les gens ont au moins 3 prénoms : le Tatar/bashkir (langue très proche), le russe, et le francisé! Ainsi, mon arrière grand père s'appelait Arkhtiam en tatar/bashkir, Artem en Russe, et Arthème en français... 

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Groupe des officiers du 2eme régiment de Cosaques d'Orembourg. Mon arrière grand père se trouve à gauche.  



Sauf-conduit de mon arrière grand père Artem, venu en France après la guerre civile, en 1923. Il avait alors 43 ans... Notez l'orthographe pittoresque du prénom et du nom de famille! Ишмухаметов est devenu Ichmoukametoff...mais sur le sauf-conduit, ils ont écrit "ichinoukametoff"! Devant fuir la Russie en 1921 car recherché, il est arrivé à Bizerte en Tunisie comme simple matelot sur le torpilleur SVONKY. Il y restera quelques temps pour travailler au domaine de Toutainville afin d'acheter son billet pour la France.

A son arrivée en France,à Marseille, il obtient un sauf-conduit. Il vit quelques mois sur Nice parmi la communauté russe. Puis il part en Normandie où il est entré à la Société de métallurgie de Normandie le 22.5.23 pour en sortir le 30.4.31. Dans cette période il a travaillé 1 an et demi à partir de 1930 au Haras de Merville (14) comme palefrenier. Ce haras appartenait au baron Vladimir de Koeppen qui avait 12 employés russes en 1926. Le haras n'avait plus que 6 employés en 1931, en 1936 il avait disparu. Artem monta avec l'aide d'un français une fromagerie à Audrieu. Il perdit sa fromagerie saisi par les allemands en 1941. Il fit alors de l'élevage de porcs. Parallèlement, il travaillait à l'école des cadets russes à Versailles comme consultant militaire.



Rassemblement de famille entre cosaques. Mon arrière grand père Artem à Gauche. La dame à droite était Madame Sansonoff (Femme de cosaque du Don) et marraine de ma grand mère dans les années 1930. 


Mon arrière grand père Artem et mon arrière grand mère Isidora. Cette dernière est née en Pologne, descendante d'une famille de cosaques d'Ukraine. Mon arrière grand père l'aura rencontré lors de la "tournante" de son régiment en Pologne. Dans ses bras, Mikhaïl (Michel), le premier né de ma famille sur le territoire français.


Plus de photos et d'histoire par ICI

En d'autres termes, je suis un bashkir issue de l'école cosaque! 

Une pensée à mes Anciens, 

cosaquement, John C