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lundi 23 décembre 2013

Le Blini à la cosaque


Impossible d'attaquer le terrain le matin, sans un bon petit déjeuner! C'est ainsi que chaque matin, j'ai pour habitude de me préparer des blini! Des blini? Oui, MAIS à la cosaque (ou plutôt à la bashkir)! 


L'origine des blini chez les cosaques

Beaucoup attribuent la recette du blini cosaque à la culture russe à proprement parlée. Traditionnellement, les blini russes sont faits avec une pâte au levain qui se laisse gonfler quelques heures avant d'être diluée avec du lait bouillant pour délayer la pâte. Ensuite, on les cuisait autrefois au four. L'usage de la poêle s'étant démocratisé, on les cuit presque toujours maintenant de la sorte!

En russe, Блин = Blin, au pluriel блины = bliny (le S à la fin pour signifier le pluriel est une occidentalisation du terme...)

Le mot blin trouverait son origine de l'ancien slavon "mlin", qui signifie « moudre » (cependant, le terme de blini existait aussi chez les scandinaves pour désigner les crêpes. Et on sait maintenant que ces peuplades du Nord sont à l'origine de la Russie, pensons aux Rus notamment...).

Identifié au soleil de par leurs formes et leurs couleurs dorés par les peuplades païennes slaves, les blinis avaient alors une signification rituelle à l'ère pré-chrétienne. Ils étaient traditionnellement cuits à la fin de l'hiver pour honorer la renaissance du soleil le 21 décembre (la semaine des crêpes, Maslenitsa). Cette tradition fut adoptée par l'Église orthodoxe pour faciliter l'assimilation des païens et reste célébrée de nos jours. Les blinis furent aussi servis aux veillées funèbres pour commémorer les morts.

D'un autre coté, on a la crêpe tatare/bashkir traditionnelle, le Qistibi de laquelle se rapproche le blini cosaque. En effet, plus d'uns furent étonnés de ma recette, habitués à la recette russe ou norvégienne habituelle à base d’œufs, de levure et de crème fraiche. Pourtant, à l'origine, pas de poules dans les champs sauvages, ou dans la steppe. Il n'y avait donc pas d’œufs (bien que les Bashkirs aient pour coutume d'aller chercher les œufs d'oies sauvages!). Et il n'y avait pas non plus de levure pour faire monter les blinis.Par contre, on avait du lait à foison!

Qıstıbí = crêpe en tatar/bashkir

Il se pourrait donc la l'origine du Blini chez les cosaques soit davantage tatare/bashkirs, que russe!

Le Blini cosaque: simple, pragmatique, efficace! Cosaque quoi...

La recette du blini cosaque est des plus simples :

-de la farine (souvent de sarrasin ou blanche)
-du lait chaud (à l'origine du lait de chameau, de jument, de chèvre ou de brebis)
-de la graisse
-un peu de sel

C'est pour ça qu'on l'appelle aussi le blini du pauvre (Ceci dit, je m'en contente bien sur le terrain!).

 La pâte doit être assez épaisse pour donner des blini de 3 à 5mm d'épaisseur.


L'astuce est de bien diluer la farine avec le lait chaud pour obtenir une pâte homogène et épaisse. On y mélange une petite pointe de graisse fondue pour le goût et empêcher que ça colle à la poêle...

 Rien de tel qu'une bonne platée de Blini pour commencer la journée!

Je les consomme toujours avec du miel. Le miel est un aliment de base très présent dans "ma cuisine", qui tient ses origines tant des cosaques, que des Bashkirs.
Notez que le miel est abondant dans la cuisine bashkir, en raison de la forte présence d'abeilles dans les steppes et forêts environnantes qui ont permis le développement de l'apiculture, un savoir classé "savoir ancestrales" en Russie. Le miel bashkir est de notoriété internationale!

UN FILM SUR LE MIEL EN BACHKIRIE

Cette recette fut au fur et à mesure sous l'influence russe et mais avec la facilité de se procurer tel ou tel produit par le blinis classique russe (ou norvégien!) selon la recette habituelle!

dimanche 1 décembre 2013

Abri de survie : l'appentis simple à la cosaque

Dans la série des abris de fortune utilisés dans la culture cosaque "vie sauvage", je vous présente aujourd'hui l’appentis simple à la cosaque.


Bivouac sous appentis simple pour les Cosaques du Don. Tableau de P.Kovalevsky 1890.

Il se compose de 3 éléments :

-un Y
-deux perches de grandes longueurs
-du remplissage (foins et fourrage, feuilles, mousses, branchage etc...)

Temps de construction : 1H00 environ pour 3 personnes.

Avantages : Rapide à construire.. Autoportant. Côtés ouverts pour la surveillance. Rapide à démonter. Peut être très discret en milieu forestier.

Inconvénients : En plaine, nécessite du bois (le Y et les perches). Coté ouvert avec possible prise au vent. Retient peu la chaleur.

Originellement, cet abri de fortune était monté dans les plaines et la steppe pour permettre aux cosaques de se mettre à l'abri des pluies tout en pouvant surveiller les alentours, les chevaux voir le bétail. Très facile à construire et surtout autoportant, il était donc idéal pour les zones "plates", c'est à dire sans arbres permettant de bâtir une cabane. La structure repose sur un Y, sur lequel on mettra deux longues perches pour faire une pente. Sur cette pente, on ajoutera des branchages pour permettre de recevoir le remplissage (la garniture assurant l'étanchéité). Autrefois, à défaut de branchages et de bois, on tirait une corde en filet autour des perches et on positionnait dessus du fourrage, voire des herbes longues des plaines pour confectionner le toit. Petite astuce, en tapant dans le mât porteur, l'abri s'affaisse aussitôt et passe en basse visibilité en cas d'urgence...


L'appentis cosaque en forêt : idéal dans les grands espaces lorsqu'on ne peut utiliser les arbres en support


En prenant le temps de le parfaire, on peut obtenir une basse visibilité



mercredi 30 octobre 2013

Modernisation du Kinjal

 Bonjour à toutes et à tous!

Aujourd'hui, réception du prototype d'un Kinjal modernisé selon ma conception. 

En voici la revue détaillée :


[Revue matériel] Kinjal modernisé©

Concept et plan : Jonathan Czodor Ichmoukametoff (Tous droits réservés)
Réalisation : Masuyo



Le Postulat de départ

Je ne reviendrai pas sur l'histoire du Kinjal (présentée dans un précédent article) ni sur ses spécificités. Rappelons cependant que le Kinjal est pour un cosaque, un élément important culturel jouant plusieurs rôles :

-symbole de rang cosaque
-arme de combat rapproché redoutable
-outil à tout faire

Cependant, les anciens Kinjal damassés et finement ouvragés bien que d'une très grande qualité (mais quasiment introuvable sur le marché, ou alors à prix exorbitant) ne sont plus vraiment adaptées de nos jours à la vie sur le terrain en raisons de particularités dépassées dans le design ou la fabrication. Citons notamment les parties ouvragées en niellé qui sont certes magnifiques, mais fragiles pour vivre dans la dureté sur le terrain, et qui sont aussi très voyantes, ou bien encore la pointe "perce maille" qui servaient à percer les cottes de maille d'autrefois...
Ainsi, entre traditions et modernité, m'est venue l'idée de développer un Kinjal reprenant les fondamentaux même du kinjal traditionnel tout en faisant usage de matériaux modernes et en s'affranchissant des contraintes nécessaires du terrain :

-un style épurée (pas trop de pièces) mais proche des origines dans la forme
-des matériaux résistants et de qualité et bon marcher
-un couteau pouvant jouer les rôles pragmatiques du kinjal pour un cosaque (y compris l'aspect combat...)

L'idée est par la suite si le prototype  est validé, d'équiper une section de 10 cosaques avec ce même type de Kinjal modernisé!

Aussi à partir de ces détails, et d'un plan soigneusement réalisé (dimension, détails techniques etc...), je me suis mis à la recherche d'un forgeron coutelier. C'est après une petite année de prospection, que je me suis arrêté sur un coutelier amateur, mais dont le profil et la qualité de travail étaient intéressant, en la personne de "Masuyo".  Prise de contact rapide.. Délais de travail très court (il ne disposait que d'un mois pour réaliser le projet).


Caractéristiques techniques du Kinjal version modernisée 


La LAME


-Acier XC75 (4mm en soie) / Stock removal. L'acier XC75 est composé principalement de fer et de carbone (0,75%). C'est un métal qui s'oxyde (d'où un entretien régulier de rigueur à base d'huile pour limiter les risques de corrosion) mais qui offre une bonne prise de la trempe. De plus, cet acier est facile à affûter notamment pour avoir ce qu'on appelle un affutage rasoir et tient bien la coupe tout en résistant correctement à la flexion ce qui en fait un choix de prédilection en coutellerie.
-Trempe intégrale avec un revenu poussé (pour garantir une bonne résilience de la lame (Dureté de 58 HRC).
-Emouture convexe

-Petit plus : Masuyo a proposé de mettre sur la lame une petite gravure "Ivan" en cyrillique.

Note : la pointe "perce maille" habituellement présente sur les kinjals traditionnels caucasiens a été remplacée par une pointe plus arrondie.


La POIGNÉE 



-Montage en plate semelle
-Plaquette en stamina wood noir et intercalaire micarta vert (épaisseur totale 25mm plate semelle compris)
-2 rivets mosaïc-pin en laiton pour la fixation (les plaquettes sont également collées)


Note : On a gardé dans la forme un aspect très traditionnel, reconnaissable au premier coup d’œil.

L'ÉTUI

-Etui en Kydex (avec brin noir de paracorde en sus pour fixation au sac, ou en ceinture par exemple)
-11 Œillets

Note : Grosse innovation. On met de coté le fourreau traditionnel en cuir et ses montures et partie ouvragée pour aller vers quelques choses de plus léger, plus rustique, moins lourd. 

DIMENSION et POIDS  (à venir)

-Kinjal dans son étui : cm
-Kinjal au clair : cm
-Taille de la lame
-Poids du Kinjal
-Taille de l'étui
-Poids de l'étui

TESTS TERRAIN : y'a que ça de vrai!

Rien de tel que 8 jours de terrain en forêt pour tester mon" jouet".

-Points positifs : léger, très tranchant, facile à affûter, maniable même par temps humide, très bon équilibrage au lancer...et j'en passe!
-2 points négatifs : la lame rouille vite. Il est impossible de bâtonner avec un double tranchant.

Résultat, j'en suis pleinement satisfait, et j'ai déjà vu quelques points à améliorer pour atteindre "la perfection:


-Réduire les plaquettes de la poignée d'1mm de chaque côté (gain de poids et de volume)
-Aplatir l'émouture au départ de la poignée sur 10cm (permettre de bâtonner, pousser du pouce etc...) sans pour autant perdre en bout de lame le double tranchant (combat...)
-Améliorer l'étui kydex dans la qualité de thermoformage.
-Dans le bout de l'étui (à la manière des anciens fourreaux de kinjal), ajouter une pièce métal plate parfaitement collé (avec rivets) pouvant ainsi servir de pelle pour creuser.
-Suggestions facultatives supplémentaires : ajouter un logement pour firesteel? Ou une toute petite pierre à affûter en diamant?


Textes, photographies et concept : Jonathan Czodor Ichmoukametoff. Tous droits réservés. 




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samedi 14 avril 2012

Le CODE D'HONNEUR cosaque

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 14 avril 2012

 Il existait en fonction des groupements cosaques (armées-peuples) différents codes dit d'honneur mais ayant tous plus ou moins le même contenu, mettant l’accent sur le sens des valeurs, des libertés et de la culture martiale cosaque. Ce code était (est) normalement censé régir la vie du cosaque.

Voici l'un de ces codes (version donnée par le cosaque Sergueï Achinoff datant de 1915 issue de l'académie militaire d'Orenbourg) :

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "(1)
1 - Cosaque, au service de la cosaquerie et du Seigneur Dieu et Christ Jésus le fils, tu leur es toujours dévoué corps et âme en tout temps et tout lieu.

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "
2- Attaché aux traditions, fier d'être un cosaque, tu le montres dans ta tenue toujours propre, ton comportement modeste, ta droiture d'esprit, et dans ta parole toujours de valeur. Tu agis toujours en modèle de conduite, digne représentant des cosaques quelque soit le lieu ou le moment.

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "
3– Chevalier d'élite, tu t'entraînes toujours avec rigueur et détermination. Tu prends soin de ton armement, et entretiens ton corps comme ton esprit, et cultive ta valeur morale.

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "
4- Chaque cosaque est ton frère d'arme, camarade dans la vie comme dans la mort, tu n'abandonnes jamais ton combat, ni tes morts, ni tes blessés, ni ta Parole. Tu fais toujours preuve de déférence envers tes ainés et tes chefs, et tu manifestes à chacun le respect et la solidarité qui doit unir les membres d'une même famille.

"Gloire à toi Seigneur, qui m'a fait cosaque. "
5- En cosaque, tu respectes et traites avec dignité ton ennemi, au combat comme dans la vie, en adversaire comme en vaincu, quelque soit sa race, sa religion ou son pays. En chevalier tu sauras t'élever contre l'Injustice, fervent défenseur des libertés et du respect de la vie et de la Foi chrétienne.

Il en existe de nombreuses variations de ce code d'honneur cosaque tant dans le texte que dans la forme...(2)


UN PEU DE CULTURE...

Ce code d'honneur ne vous rappelle t-il pas quelque chose? Si? Le code d'honneur de la Légion étrangère française!

Notez que la Légion a été créé par le roi Louis Philippe en 1831. France amie de la Russie, de nombreux russes rejoindront la Légion étrangères, notamment des cosaques. En 1920, à la suite de la guerre civile russe et de la destruction des villages et régiments cosaques en Russie par les bolchéviques, la Légion étrangère française accueillit en masse des cosaques qui permirent plus tard la création du 1er régiment étranger de cavalerie, régiment encore d'actualité. Jusque dans les années 2000, les russophones étaient clairement majoritaires dans la Légion étrangère française. Le 1er régiment étranger de cavalerie était le régiment de la Légion étrangère à avoir compté dans ses rangs le plus de "cosaques".

Le 1er régiment étranger de cavalerie a été créé en 1921 à Sousse (actuelle Tunisie, où de nombreux cosaques trouvèrent temporairement l'asile dans des camps de réfugiés après avoir quitté la Russie bolchévique) à partir d'éléments du 2e régiment étranger d'infanterie et de cosaques émigrés servant dans cette arme.

À cette époque la Légion étrangère n'était constituée que de régiments d'infanterie mais la Légion comptait parmi ses effectifs de nombreux Russes (beaucoup de cosaques du Don, et du Kouban d'après les sources) issus des Armées blanches défaites par les Bolchéviques. Forts de l'expérience de la cavalerie légère cosaques, ils permirent à la Légion de rapidement s'imposer dans la cavalerie. D'ailleurs, on parlait verbalement de "1er régiment d'éclaireurs cosaques", et officiellement de 1er régiment étranger de cavalerie (l'appellation 1er REC ne sera officielle que le 20 janvier 1922 suite à la parution du décret n°6330-1/11 du 20 janvier 1922)...

Histoire du premier régiment étranger de cavalerie de la Légion étrangère(on y voit des cosaques en uniformes...)

Autre site traitant de ce régiment de la Légion



DU CODE D'HONNEUR A LA MORAL ET L’HYGIÈNE DE VIE D'UN COSAQUE


On parle souvent de pratique martiale, et de discipline en cosaquerie, mais finalement assez rarement de l'hygiène de vie nécessaire à la préservation de son corps et son esprit et aussi pour avoir une bonne pratique martiale (et survivre par extension tant bien sur le champ de bataille que dans la vie de tous les jours)...Voici quelques points clés de l'hygiène de vie d'un cosaque, étudiée à travers le code d'honneur.
1 - Cosaque, au service de la cosaquerie (et du Seigneur Dieu et Christ jésus le fils), tu leur es toujours dévoué corps et âme en tout temps et tout lieu.
De ce premier aspect, ressort un élément essentiel : la notion biblique d'âme. Une âme, c'est l'esprit dans un corps, et elle doit être compris dans son ensemble vivant. Une unité. La bible traite en beaucoup de passage du soin et du respect qu'on doit avoir pour soi, et par extension pour son corps en ne lui infligeant rien de contre nature ou pouvant lui nuire.
2- Attaché aux traditions, fier d'être un cosaque, tu le montres dans ta tenue toujours propre, ton comportement modeste, ta droiture d'esprit, et dans ta parole toujours de valeur. Tu agis toujours en modèle de conduite, digne représentant des cosaques quelque soit le lieu ou le moment.
Ce second point aborde plusieurs aspects de l'hygiène de vie d'un cosaque:

-premièrement, il parle de la tenue. Un cosaque se doit d'avoir toujours une tenue propre. A celà, plusieurs raison. La Santé tout d'abord, car avoir des vêtements propres limitent le risque de la propagation des maladies, et des parasites. Ensuite, l'image que le cosaque doit dégager, celle d'un homme ne subissant pas le terrain (aspect dignitaire du peuple, mais aussi de guerre psychologique façon à l'ennemi).

-deuxièmement : 'tu agis en modèle de conduite", ce qui sous entend de toujours être digne de son comportement du rang de cosaque, et notamment d'achever correctement et avec conscience le travail entamé. La rigueur fait parti de ce qu'être le modèle de conduite d'un cosaque...

3– Chevalier d'élite, tu t'entraînes toujours avec rigueur et détermination. Tu prends soin de ton armement, et entretiens ton corps comme ton esprit, et cultive ta valeur morale.

Il est ici clairement notifié de l'importance de l'entrainement. Rigueur (régulièrement et correctement) et avec détermination (en allant en bout de soi-même quelque soit les circonstances / ne vous cherchez pas d'excuse, la mort ne vous en trouvera pas). L'entrainement individuel constant est une condition sine qua none de la maestria martiale collective cosaque. Chaque cosaques est garant de la vie de son odnosoum et se doit de s'entrainer avec le maximum de rigueur qu'impose une pratique martiale telle que la notre. L'art martial n'est pas un jeu, ni un sport de détente. A ce titre, vous devez consacrer au moins 3 entrainements martiaux par semaines, pour une durée total de 6 à 8 heures maximum. pas davantage, car "trop vaut autant que pas assez"!

"Tu prends soin de ton armement" traite bien évidement de la bonne tenue des sabres, kinjal etc après usage, mais pas seulement. Il convient d'inspecter régulièrement son matériel, de l'entretenir même hors période d'usage...

"Entretiens ton corps comme ton esprit". l'entretien des armes, prend en compte l'entretien du corps et de la tête qui sont NOS premières armes au combat et pour survivre. Il convient donc d'avoir une hygiène de corps irréprochable (jamais plus de 3 jours sans toilette, même en situation difficile). Dans l'idéal, la toilette doit se faire tout les soirs avant le coucher pour dormir frais et propre et ainsi limiter la propagation des maladies et parasites. Entretenir son corps signifie aussi l’apprêter à l'action. Donc en faire un corps fort, souple et donc sportif. là se différencie la pratique sportive de la pratique martiale. Le sport est complémentaire à l'art martial, mais ne s'y soustrait pas. Il vient combler les besoins physiques, à hauteur de 2 à 4 heures par semaine maximum. Ce qui conduit à avoir environ 8 à 12 heures d'entrainement martial+physique par semaine pour un cosaque digne de ce nom...

Et cultive ta valeur morale.. Il s'agit là d'un point important. La valeur morale est la rectitude d'esprit en accord avec le code cosaques,et les principes chrétiens. Méditer sur ses actes (et les corriger), polir son esprit, affuter sa pensée sont autant de travail à faire sur soi pour cultiver sa valeur morale.
4- Chaque cosaque est ton frère d'arme, camarade dans la vie comme dans la mort, tu n'abandonnes jamais ton combat, ni tes morts, ni tes blessés, ni ta Parole. Tu fais toujours preuve de déférence envers tes ainés et tes chefs, et tu manifestes (toujours tout) à chacun le respect et la solidarité qui doit unir (les membres d')une même famille.
Cette aspect "communautaire" est primordiale. Il insiste sur le fait que dans la vie de tous les jours, le cosaque se doit d'être proche de ses compagnons, d'en prendre des nouvelles régulièrement et de maintenir le contact en Membre d'une même famille, celle de la cosaquerie. Partager des moments, d'entrainement, de travail, de vie de famille tous ensemble est essentiel.

5- En cosaque, tu respectes et traites avec dignité ton ennemi, au combat comme dans la vie, en adversaire comme en vaincu, quelque soit sa race, sa religion ou son pays. En chevalier tu sauras t'élever contre l'Injustice, fervent défenseur des libertés et du respect de la vie (et de la Foi chrétienne)
En chevalier tu sauras t'élever contre l'Injustice, dans la vie de tous les jours, le cosaque veillera à ne pas causer d'injustice (et cultivera ainsi sa valeur morale). Il sera le garant de la droiture. C'est un travail sur soi, un combat de tous les jours.




Notes :

(1) : ce n'est pas un secret pour personne, la cosaquerie était majoritairement de croyance chrétienne orthodoxe. Cependant, il y avait dans ses rangs (sans le moindre problème d'ailleurs...) des cosaques de confession bouddhistes et mêmes musulmanes...La cosaquerie était en son temps déjà un modèle d’intégration sociale, quelque soit sa "race", son origine ou sa religion...

(2) : Il existait aussi un code d'honneur cosaque fait pour l'école des cadets cosaques de Versailles (école fondée en France durant l'entre-guerre à des fins politiques dira-t-on...) En voici un extrait :

Ta vie n'est pas à toi seul. Elle appartient à tes amis, ta famille, et à la communauté. (ou : ta vie ne t'appartient pas, elle appartient à ton frère d'arme)

-La vie de ton ami est toujours plus précieuse que ta propre vie; tu peux mourir toi, mais sauve toujours ton ami.

-Sois polis avec les gens plus âgés, quel qu'ils soient. Si tu sens que tu a raison, argumente ton point de vue calmement

-Ne te dispute pas et ne t'énerve contre personne, cela amoindri ta valeur.

-Tous les gens sont égaux, grand ou petit, il n'y pas de telles choses.

-Ne considère jamais le fils d'une autre Nation comme plus ou moins intelligent que tu ne l'es. Apprécie à sa juste valeur et reste ouvert avec tout le monde

-Souviens toi qu'ils jugeront ton peuple à partir de ce que tu es ! (ou : Sois toujours un modèle de conduite et Honneur ainsi ton peuple)

-Chaque mots que tu dis devient la parole de ton peuple, sois un exemple. Esprit, mots et actions ne font qu'un.

-Souviens toi, ton âme appartient à Dieu seulement et personne d'autre. Le mal ne la prend pas.
(...)

dimanche 11 mars 2012

Une petite conférence sur les techniques de vie et survie ancestrales des cosaques

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 11 mars 2012

Une petite conférence sur les techniques de vie et survie ancestrales des cosaques 

Après ma première conférence à Genève avec Kerry Atjecoutay sur ce vaste et passionnant sujet l'année dernière dans la galerie d'Art Animitspace, et une courte présentation à la librairie "la rose des vents", j'ai eu de nouveau l'honneur et la joie de nouveau de présenter la culture de ma peuplade, lors d'une petite "conférence" sans prétention à Moncaup (64) Dimanche 04 mars 2012, demandée par la gouvernance locale.

Cette petite conférence sans prétention fait suite à plus d'un mois de vie dans la forêt à l'ancienne (octobre et novembre 2011), c'est à dire un mois où j'ai vécu comme les premiers cosaques de Sibérie dans la taïga, et ce sans aucun matériel moderne. Durant ce séjour, j'ai construit en solo une isba basée sur le modèle des anciens postes d'avant-garde cosaque bâti sur le modèle bashkir, uniquement avec une hache, une scie et beaucoup de persévérance...

Considérés à tord uniquement comme une armée de régiments de cavaliers, car telles fut l'image des cosaques véhiculée en Occident depuis Napoléon et la campagne de Russie, ou focalisé uniquement sur l'aspect martial de la cosaquerie, beaucoup de gens en oublient ou méconnaissent le mode de vie ancestral des différentes peuplades cosaques, notamment des anciennes traditions de vie et survie dans la Nature, pourtant très riche et diversifiée et en partie provenant des nombreuses peuplades les composant.

En effet, chaque communauté cosaque en fonction de son aire d'habitation avaient ses propres savoirs traditionnels de vie et survie dans la Nature, souvent empruntés au cours de leur ethnogénèse(1) aux autres ethnies locales, par exemples aux montagnards caucasiens pour les cosaques du Don, ou aux nomades des steppes et de la taïga pour les cosaques de l'Oural et de Sibérie...


Une cinquantaine de personnes avait fait le déplacement pour découvrir la culture cosaque

Cette petite "conférence" fut pour moi l'occasion une fois de plus de partager la culture des mes ancêtres (des Cosaques Bashkirs), et ainsi de la préserver, dans l'esprit du dicton de mon Ami cosaque et djiguite Pierre Pakhomoff : "ce qui ne se donne pas, se perd."

dimanche 4 décembre 2011

La Femme en Cosaquerie

ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 04 décembre 2011



Aujourd'hui, le 04 décembre, c'est dans la tradition cosaque, la fête de la femme! Bonne fête à toutes nos KAZATCHKI!




Un dicton cosaque que m'a apprit mon frère Cosaque Sergueï A. dit : "Si les Cosaques sont le fer de la lance, leurs femmes en sont la hampe."

Ce proverbe sous entend que le cosaque est l'avant garde de toute armée lors de toute offensive (la pointe de la lance en somme qui est la première à frapper, l'élite militaire), mais que les femmes de cosaques en sont l'arrière garde, la logistique, la force cachée sur quoi repose la force militaire cosaque...

Tantôt Femmes, tantôt Mères, parfois guerrières, elles aidaient sans faillir à l'arrière, veillant à l'approvisionnement des hommes, à la fabrication de divers matériels, aux soins des blessés, et étaient quelques fois le dernier rempart des stanitsas en cas d'attaque! Nous sommes là, bien loin de l'image réductrice de la Femme, celle ci étant sur un véritable pied d'égalité avec l'homme dans la culture cosaque (rappelons que la cosaquerie fut parmi les premiers peuples à donner le droit de vote aux Femmes!)

A l'Honneur donc, quelques photos de Femmes Cosaques d'hier et d'aujourd'hui:

Helena Chorba, Femme de Cosaque, elle se porta volontaire pour combattre ce qui lui fut d'abord refusé. Puis elle a servi sous le nom Mikhail Chorba (un nom d'homme)...On lui a attribué avec les Croix de St George de 3ième et 4ième Classe et la Médaille de St George de 2ième, 3ième et 4ième Classe.



Récolte de la laine de mouton par les femmes de cosaques du village Tsymlyanskaya (cosaques du Don)en 1875-1876

Femmes cosaques de l'Amour apprenant à manier la carabine. Il était courant pour la femme cosaque de devoir faire usage de fusil, notamment pour chasser quelques petits gibiers, ou défendre la stanitsa (commune/village) durant l'absence des hommes...

 Femmes de cosaques aisés dont une Femme Cosaque , Helena Chorba (en tenue règlementaire au centre) de la Stanitsa Nekrassovskaya au Kouban. Il est arrivée à travers l'histoire cosaque, que les femmes prennent part aux combats à côté même de leurs maris...

 "Comment la femme de l'Ataman Poltenko porta secours aux cosaques blessés sur le champ de bataille". (gravure issue du "Le Petit Journal "- Supplément Illustré Numéro 1299 - 1915). Grand nombre de femmes de cosaques avaient fait des études (ce qui était rare en Russie à l'époque) et servaient en temps de guerre comme aide soignante ou infirmières.


 Yulia Tkachenko, Femme ET Ataman des cosaques de Makhra actuellement - Région d'Alexandrov


samedi 1 octobre 2011

Le chameau de Bactriane, et les cosaques

 ARTICLE DE L'ANCIEN BLOG en date du 01 octobre 2011

Animal emblématique des milieux semi-arides steppiques, le chameau de Bactriane et ses cousins ont toujours fait partie du paysage et du mode de vie de nombreuses peuplades nomades et semi nomades, y compris des cosaques, et plus particulièrement de ceux vivant dans la région de l'Oural à la porte des grandes steppes Kazakhs.  C'est en particulier l'un des animaux que je préfère avec le faucon et le cheval (bashkir oblige me direz vous...)

A l'image du renne dans le Grand Nord, le chameau est un animal à tout faire pour le nomade, de l'animal de travail à l'apport de moyens de subsistances essentielles dans un milieu rude comme l'est la steppe. En cosaquerie, sa domestication est de toute évidence dû à la forte composante ancienne de bashkirs et autres nomades (Kalmouk)  au cour de l’ethnogenèse des peuples cosaques...


Des cosaques d'Orenbourg (la ville d'origine mon arrière grand père) au travail avec des chameaux de Bactriane fin 19ième siècle. Peu connu de la masse populaire, il faut savoir que les cosaques de l'Oural et d'Orenbourg qui comptaient une grande majorité de nomades Bashkirs, tatars ou bien encore Kalmouks dans leurs rangs, faisaient grand usage de l'animal. L'animal servait notamment aux musiciens lors des sorties régimentaires pour communiquer les ordres.
 

Idéal pour la survie en milieu rude, Le chameau permet de produire:

-du lait, l'un des plus riches en vitamines qu'il soit du règne animal et très digeste pour l'humain qui plus est,
-de la laine, l'une des plus chaudes qu'il soit. On la tisse ou la file, pour faire des cordes, des tapis, des vêtements, des semelles de feutre, du feutre pour la yourte(...)
-du cuir, le cuir du chameau étant un cuir épais et résistant,
-de la viande pour nourrir la famille,
-des os pour faire des outils et objets artistiques divers,
-de la graisse (contenue dans la bosse) qui pouvait nourrir une famille tout un hiver
-de sa bouse, on fait l'argal dit aussi kiziak chez les bashkirs-cosaques (bûche de bouse séchée pour le poêle)
(...)

 Ma personne avec un  Bactriane. Au garrot, près d'1M80 : Un petit mâle. Notez la grosseur de la tête et les spécificités : narines fermantes, grands cils aux yeux, des caractéristiques faite pour survivre aux tempêtes de sable...Grosses lèvres durs, pour pouvoir manger de tout y compris les arbustes épineux...

 Ma personne remettant le licol. J'aime beaucoup le chameau de Bactriane : un animal robuste, humble, endurant...Ma famille, des Bashkirs (servant dans les Cosaques) en possédaient plusieurs dans leur cheptel. J'ai pu apprendre à les dresser et les monter avec mon grand-oncle Myrt,reparti vivre au pays en 1998 et qui finit sa vie au Kazakhstan en 2008...

Les soviétiques faisaient grand cas du chameau de Bactriane et avaient montés des patrouilles avec cet animal. Ils lui firent passer également une grande série de tests, impressionnés par ses capacités d'adaptation et de résistance. C'est ainsi qu'on a appris que le chameau de Bactriane pouvait survivre à des températures de -50° à plus de 4000m d'altitude et rester 3 semaines sans manger malgré des températures très basses.

Plus court sur pattes que le dromadaire, et plus trapu que le dromadaire africain, sa physionomie a fait qu'il supporte à la fois les fortes chaleurs et les grands froids, dont les grands écarts d'amplitudes thermiques typiques de la steppe et des déserts des plateaux d'Asie Centrale, tout en restant très longuement sans manger (d'où d'ailleurs ses deux bosses fournissant la graisse nécessaire pour l'alimenter à la fois en lipide essentiel pour lutter contre le froid, et produisant également grâce à un mécanisme complexe, de l'eau!!!).

Par ailleurs, le Bactriane et ses nombreux cousins à deux bosses peuplant toute l'Asie Centrale ont également développé des lèvres épaisses leur permettant de se nourrir des rares plantes de la steppe, très souvent très rigides ou pourvu d'épines pour se protéger des "prédateurs".

Le chameau prévient la tempête : lorsque va arriver une tempête de sable ou de neige, le chameau de Bactriane est un bon indicateur car il la sent longtemps à l'avance. Le troupeau se regroupe alors dans le coin à priori le mieux protégé (selon eux...) et se couchent alors en attendant que ça passe. Une bonne demi-heure, voir une heure plus tard, la tempête arrive à coup sûre!




Pourquoi le chameau est il toujours mélancolique? L'histoire du chameau et du Cerf

Un petit conte nomade raconte pourquoi le chameau regarde toujours l'horizon d'un air mélancolique. Il est dit que le jour de la création, le Créateur dans le Ciel avait doté le chameau de bois sur sa tête. Plaisant ainsi aux Dames chamelles, le chameau avait alors beaucoup de compagnes. Le cerf étant tout seul, demanda un jour au chameau s'il pouvait lui prêter ses bois pour lui aussi trouver une compagne. Le chameau, altruiste et plein de compassion envers le cerf, lui prêta volontiers ses bois en lui demandant de lui ramener plus tard. Le cerf partit alors au loin avec ses bois, bien fier. Le chameau le regardait. Plusieurs jours passèrent. Plus de nouvelles du cerf. Ce dernier avait décidé de garder les bois pour lui! Depuis, le chameau scrute toujours l'horizon à la recherche du cerf en espérant mélancoliquement le voir revenir un jour...